En 2015, le fonds d’investissement de la famille Rockefeller (pionnière dans l’industrie pétrolière) annonçait sa volonté de se désinvestir des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique. Quelques années plus tard, près de 6 300 milliards de dollars auraient déjà quitté les énergies carbonées.

Investir pour la planète (et pour son portefeuille !)

Les origines de ce désinvestissement massif sont à chercher du côté de la prise de conscience écologique, mais pas seulement, les arguments sont également purement financiers. Pour atteindre l’objectif défini lors de la COP21 et limiter la hausse de la température à +2°C, les politiques publiques et les comportements individuels vont devoir évoluer, et les entreprises productrices d’énergies fossiles pourraient en être les premières victimes. Derrière l’argument moral, ce nouveau comportement des investisseurs relève donc aussi d’un pur arbitrage financier consistant à revendre les industries du passé pour mieux acheter les industries d’avenir.

Au-delà de la cause climatique, les adeptes du désinvestissement peuvent d’ailleurs défendre d’autres causes ou poursuivre d’autres buts. En effet, d’une façon générale, le désinvestissement désigne tout simplement le fait de réduire ou de supprimer ses investissements.

Les objectifs du désinvestissement

Qu’il soit un particulier ou un professionnel, tout investisseur peut choisir de se désinvestir, dans l’unique but de désinvestir ou pour mieux réinvestir ailleurs.

Lorsque le désinvestissement est sa propre finalité, il libère de la trésorerie qui pourra être utilisée pour se désendetter ou pour constituer une épargne. Mais le désinvestissement peut aussi avoir un but précis comme permettre à une entreprise d’augmenter sa rentabilité en réinvestissant sur ses activités les plus rentables.

Cas particulier de désinvestissement, les scissions d’entreprise (spin-off) permettent par exemple à une entreprise de fractionner ses activités pour créer plusieurs entreprises, plus spécialisées. De cette manière, certains segments peu rentables peuvent être cédés pour permettre à l’entreprise mère d’améliorer sa rentabilité.

Tendance et contre-tendance du désinvestissement

Toujours est-il qu’aujourd’hui, le désinvestissement se retrouve mis en lumière par l’émergence de la finance durable et de l’Investissement Socialement Responsable (ISR). La prise en compte de critères extra-financiers tels que les critères Environnementaux Sociétaux et de Gouvernance (ESG) amène les investisseurs à investir de façon plus « politique » dans des entreprises en harmonie avec leurs valeurs.

Mais cet investissement vertueux a aussi sa contrepartie. Créé en 2002 au Texas, le vice fund a choisi de prendre le contrepied de l’investissement socialement responsable pour investir prioritairement dans des entreprises aux activités légales mais jugées immorales telles que l’alcool, l’armement, ou le tabac.

Loin d’être anodines, ces tendances de marché ont un réel impact sur les cours de bourse et sur le financement de l’économie. Plus que les statistiques économiques, les déclarations des dirigeants d’entreprises cotées permettent elles aussi aux investisseurs de se faire un avis sur les entreprises qu’ils souhaitent financer (ou ne pas financer).

Être actionnaire permet d’accéder à un droit de vote au sein d’une entreprise, mais choisir de ne pas être actionnaire permet aussi d’exprimer une opinion politique. Les entreprises cotées l’ont bien compris, et nombre d’entre elles développent aujourd’hui leur communication financière en ce sens.

 

 

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