Longtemps restée confidentielle, la finance durable a désormais le vent en poupe. Afin de mesurer l’impact environnemental et sociétal d’une entreprise, les investisseurs se tournent donc vers de nouveaux critères extra-financiers : les critères ESG.

Les trois piliers de l’analyse extra-financière

Le sigle « ESG » renvoie aux trois piliers de l’analyse extra-financière que sont les critères Environnementaux, les critères Sociétaux, et les critères de Gouvernance. 

La réduction des émissions de gaz à effet de serre, le recyclage des déchets, ou encore la prévention des risques environnementaux sont suivis par le critère Environnemental. Le respect du droit des employés, la formation du personnel, ou la prévention des accidents professionnels sont suivis par le critère Sociétal. Enfin, l’indépendance du conseil d’administration ou la présence d’un comité de vérification des comptes sont quant à elles suivies par le critère de Gouvernance.

Obligatoire en France pour les sociétés de gestion suite à la promulgation de l’article 173 de la loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte, la publication des critères ESG doit permettre aux investisseurs d’évaluer l’impact environnemental et sociétal de leurs investissements. Au niveau européen, les entreprises de plus de 500 salariés sont concernées par cette obligation (Directive 2014/95/EU). 

Toutefois, bien que cette obligation concerne essentiellement les plus grosses entreprises, l’intérêt de la nouvelle génération pour le bien-être au travail et la préservation de l’environnement force également les TPE et PME à utiliser les critères ESG pour piloter leur croissance. 

La tentation du « Greenwashing »

Pas moins de 135 entités produisent à ce jour des indicateurs ESG. Conséquence du succès de l’Investissement Socialement Responsable (ISR), cette multiplicité des indicateurs ne contribue malheureusement pas à la clarté des rapports de gestion. 

D’un critère à l’autre, les méthodes et le périmètre de calcul varient, et d’une entreprise à l’autre, la disponibilité et la fiabilité des données posent également problème. Afin d’augmenter la confiance des investisseurs, les régulateurs tentent donc d’harmoniser les critères ESG.

S’il fallait l’imaginer, l’indicateur idéal proposerait une méthodologie précise applicable à toutes les entreprises, et tout en ayant un lien direct avec la performance financière de l’entreprise, il permettrait de donner une vision complète de sa performance extra-financière. 

Longtemps mesurée grâce au calcul de l’empreinte carbone, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) se mesure aujourd’hui de plus en plus à l’aide des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Problème, les données les plus fiables communiquées par les entreprises sont des données passées alors que la mesure de la contribution aux ODD fait appel à une analyse prospective... 

La quête de l’indicateur idéal se poursuit donc pour le moment, et les régulateurs se contentent pour l’instant de fournir quelques recommandations. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) recommande ainsi aux entreprises de gestion de présenter les critères ESG sur un document unique, facilement accessible via leurs sites internet. Elle les incite également à faire les démarches nécessaires à l’obtention du Label public ISR créé en janvier 2016.

Grâce à la prise en compte de ces nouveaux critères extra-financiers, des risques jusqu’ici abstraits ont désormais des impacts financiers bien réels. Certes, le chemin est encore long, mais grâce aux critères ESG les investisseurs disposent d’ores et déjà de premiers points de repère pour investir en leur âme et conscience dans les entreprises et fonds correspondant à leurs valeurs.