À l’heure où s’ouvre la 49ième réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, le doute s’immisce dans l’esprit des investisseurs. La croissance mondiale peut-elle espérer se maintenir malgré le ralentissement de la croissance chinoise ?

Plombée par un produit intérieur brut décevant au quatrième trimestre 2018 (+6,4%), l’économie chinoise a terminé l’année 2018 sur son plus faible rythme de croissance depuis 1990, soit une croissance annuelle de +6,6% contre +6,8% en 2017.

Le lourd tribut de la guerre commerciale

En 1990, la Chine faisait déjà face à un problème de relations internationales suite aux répressions de la Place Tian'anmen. Aujourd’hui, elle doit désormais affronter les mesures protectionnistes imposées à ses produits par l’administration Trump.

Malgré les espoirs apportés par la trêve commerciale, force est de constater que la Chine ne retrouvera vraisemblablement pas des conditions d’exportation aussi avantageuses qu’avant le début des hostilités.

Mais au-delà de la guerre commerciale, ces trois trimestres de ralentissement consécutifs s’expliquent aussi par les mesures internes prises pour diminuer le risque de crédit.

Pour faire face à la crise de 2008, la Chine avait grandement facilité les conditions de crédit. Problème, une décennie plus tard, ses entreprises et ses ménages ont atteint des niveaux d’endettement particulièrement élevés. Pour ralentir l’offre de crédit non-conventionnelle, le gouvernement chinois s’est donc lancé dans une lutte contre certaines activités du système bancaire parallèle chinois.

Par ailleurs, plusieurs dizaines de milliers d’entreprises ont été affectées par l’application de mesures environnementales. Premier atout de l’économie chinoise, le secteur industriel est donc également l’un des premiers pénalisés lorsque le gouvernement chinois s’attaque aux problèmes environnementaux.

Des mesures de relance peu efficaces

Pour éviter l’effondrement économique et privilégier un « atterrissage en douceur », le gouvernement chinois dispose d’une arme monétaire et d’une arme fiscale.

Sur le plan monétaire, les banques ont vu leur niveau de réserve obligatoire diminuer de 0,5 points de base le 15 janvier dernier. Le 25 janvier prochain, cette opération sera renouvelée pour porter la baisse à 1 point de base, de quoi injecter 117 milliards de dollars dans l’économie afin d’enrayer le ralentissement économique en cours.

Sur le plan fiscal, la taxe sur la valeur ajoutée devrait être réduite prochainement pour certains secteurs d’activité. Certaines entreprises bénéficieront également de crédits d’impôts pour financer leur recherche et développement, ou d’aides à l’export pour atténuer les effets des tarifs douaniers américains.

Les petites et moyennes entreprises, essentielles au dynamisme de l’économie chinoise devraient, elles aussi, bénéficier de mesures fiscales avantageuses avec la réduction de l’impôt sur les sociétés.

Pour l’heure, les mesures de relance adoptées par le gouvernement chinois peinent à porter leurs fruits. De l’avis de certains économistes, elles devraient malgré tout permettre à l’économie chinoise de se stabiliser mi-2019.

Mais si l’évolution des chiffres officiels est une chose, le niveau des chiffres réels en est une autre. Avec le ralentissement économique en cours, de plus en plus de voix dissonantes se font entendre, y compris à l’intérieur du pays dont la communication était jusqu’ici parfaitement verrouillée. Les prochains mois seront donc cruciaux pour l’avenir économique et politique du pays.

 

 

Ces informations sont produites par CMC Markets. Elles présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication Ces informations vous sont fournies à titre indicatif et pourraient ne pas être actualisées. Elles peuvent être amenées à changer sans avertissement préalable. Les anticipations, projections ou objectifs mentionnés sont présenté s à titre indicatif et ne sont en aucun cas garantis. CMC ne saurait être tenu responsable s’ils n'étaient pas réalisés ou atteints.