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Monnaie pleine

« Monnaie Pleine », le nouveau paradigme de la création monétaire

Le 10 juin dernier, les suisses organisaient un référendum sur l’initiative « Monnaie Pleine ». Bien que rejetée par 75,7% des votants, cette proposition de réforme du système monétaire helvétique a ouvert un vrai débat. Après tout, et si la création monétaire devenait l’apanage des banques centrales ?

M1, M2 et M3

La quantité de monnaie en circulation dans une zone monétaire peut être décrite par trois grandes masses monétaires : M1, M2 et M3.

Les pièces et billets en circulation et les dépôts en compte-chèques forment l’ensemble M1. M1 et les dépôts sur les livrets des résidents de la zone monétaire forment l’ensemble M2. M2, les OPCVM monétaires, les instruments du marché monétaire, et les titres de créance d’une durée inférieure à deux ans forment M3.

En zone euro, M1 ne représente que 6,6% de M3. Vos pièces de monnaie (monnaie divisionnaire) et vos billets (monnaie fiduciaire) ne représentent qu’une toute petite fraction de la masse monétaire en circulation. L’immense majorité de la monnaie en circulation circule par simple jeu d’écriture (monnaie scripturale).

Faire des banques commerciales de simples intermédiaires

Vous pensez que les banques centrales contrôlent la création monétaire ? En vérité, elles n’en contrôlent qu’une fraction. La majorité de la création monétaire est assurée par les banques commerciales grâce à l’octroi de crédits.

L’adoption d’une « monnaie pleine » consisterait à retirer le pouvoir de création monétaire aux banques commerciales afin d’en donner le monopole aux banques centrales. Les banques commerciales se transformeraient alors en de simples intermédiaires.

L’argent déposé sur les compte-chèques serait sécurisé et garanti par la banque centrale. L’argent déposé sur des livrets d’épargne serait quant à lui risqué, car uniquement garanti par des banques commerciales susceptibles de faire faillite.

Les arguments à l’origine de l’initiative « Monnaie Pleine »

En théorie, l’argent déposé auprès des banques commerciales est en partie garanti par l’État. Toutefois, de facto, le déclenchement de ces mécanismes de garantie s’avère extrêmement coûteux à mettre en œuvre, les États n’ont donc pas intérêt à laisser les banques commerciales faire faillite. Grâce à l’initiative « Monnaie Pleine », l’État n’aurait plus à garantir l’argent épargné auprès des banques commerciales.

L’adoption d’une « monnaie pleine » permettrait également d’injecter de l’argent dans l’économie réelle sans avoir à passer par la dette. Dans un tel scénario, la banque centrale ayant le contrôle des prêts la création de richesses pourrait être encouragée au détriment de la spéculation. Un tel mécanisme permettrait par exemple de financer la création de projets jugés « non-rentables » en raison de leurs retours sur investissement trop indirects.

Monnaie d’avenir pour les uns, utopie pour les autres, la « monnaie pleine » est un sujet polémique. Aux avantages cités dans cet article, ses détracteurs mettent en avant le risque et le coût d’un tel changement, mais également leurs inquiétudes quant à la façon dont les banques centrales pourraient garantir leur « monnaie pleine » tout en faisant tourner leur « planche à billets ».

 

 

 

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