Vendredi soir à minuit, en entrant dans son vingt-deuxième jour, le « shutdown » en cours a officiellement battu le record établi en 1996 par l’administration Bill Clinton.

À moins d’une concession du président Donald Trump, cet arrêt partiel des autorités fédérales américaines déclenché le 22 décembre dernier pourrait d’ailleurs se poursuivre encore longtemps, aussi longtemps que démocrates et républicains camperont sur leurs positions. Et si cette situation n’est pas inédite dans l’histoire des États-Unis, elle n’en demeure pas moins préoccupante pour les marchés financiers.

Qu’est-ce que le « shutdown » ?

Chaque nnée, le président des États-Unis propose un budget fédéral au Congrès. Le Sénat et la Chambre des représentants sont ensuite chargés de l’amender et de le voter. Pour finir, une fois voté par le Congrès, le budget fédéral revient alors vers le président pour être signé.

Cependant, si le budget fédéral voté par le Congrès ne lui convient pas, le président des États-Unis dispose d’un droit de veto. Lorsqu’il est utilisé, ce recours renvoie le budget vers le Congrès où il devra désormais réunir deux tiers des suffrages pour être adopté définitivement.

Lorsque le président exerce son droit de veto et que le Congrès ne parvient pas à réunir deux tiers des suffrages en faveur du budget (au sein du Sénat, de la Chambre des représentants, ou même de ces deux chambres) avant la fin du cycle budgétaire, l’administration fédérale cesse ses activités. C’est le « shutdown ».

Certains services essentiels sont toutefois maintenus afin d’éviter une paralysie totale. C’est notamment le cas des services médicaux, des forces armées, ou encore du système pénal.

Quels impacts sur les marchés financiers ?

800 000 fonctionnaires fédéraux sans salaire et la moitié d’entre eux placés en congés sans solde, les répercussions économiques du « shutdown » pourraient se faire sentir très rapidement outre-Atlantique.

D’après les experts d’Oxford Economics, l’arrêt total des autorités fédérales américaines pourrait coûter 0,1 point de PIB par semaine de fermeture. Dans la situation actuelle, le coût de la fermeture partielle serait quant à lui plus restreint, de l’ordre de 0,2 point de PIB par mois d’après Natixis.

Au-delà de l’impact sur la croissance, le « shutdown » menace également la dette des États-Unis, et notamment leur crédibilité sur la scène internationale. La semaine passée, l’agence de notation Fitch a donc averti Washington. En cas de prolongement du « shutdown » jusqu’au 1er mars et si le plafond de la dette venait à être dépassé, les États-Unis pourraient perdre leur triple A.

Au vu du contexte actuel, le « shutdown » pourrait se poursuivre jusqu’au 29 janvier, date à laquelle Donald Trump devra s’exprimer face au Congrès à l’occasion de son discours sur l’état de l’Union. D’ici là, le président américain pourrait être tenté par l’invocation de l’état d’urgence, une décision qui lui vaudrait les foudres de l’opposition, mais qui lui permettrait également d’imposer par la force la construction de son « mur » à la frontière mexicaine.

 

Ces informations sont produites par CMC Markets. Elles présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication Ces informations vous sont fournies à titre indicatif et pourraient ne pas être actualisées. Elles peuvent être amenées à changer sans avertissement préalable. Les anticipations, projections ou objectifs mentionnés sont présentés à titre indicatif et ne sont en aucun cas garantis. CMC ne saurait être tenu responsable s’ils n'étaient pas réalisés ou atteints.