Les élections législatives du 4 mars 2018 ont rebattu les cartes du système politique italien et semé le trouble dans l’esprit des investisseurs. Quelques mois plus tard, la crise italienne n’est toujours pas résolue, et le bras de fer budgétaire se poursuit avec Bruxelles. Voici un résumé des informations à connaître pour bien comprendre ce sujet au cœur de l’actualité des marchés financiers.

Les chiffres clés de la dette italienne

Composée des deux partis vainqueurs des élections (le Mouvement 5 étoiles et la Ligue), la coalition en place a accédé au pouvoir au terme d’une longue instabilité politique causée par l’absence de majorité parlementaire.

En mai dernier, le gouvernement italien s’était d’abord engagé à diminuer son déficit structurel de 0,6 points de base pour l’année 2019. Problème, dans le budget présenté par le nouveau gouvernement à la Commission européenne, cette réduction s’est transformée en une augmentation de 0,8 points de base de son déficit structurel.

Pour l’institution européenne et pour les investisseurs, cette nouvelle passe mal. Avec une dette supérieure à 130% de son produit intérieur brut, l’Italie enfreint d’ores et déjà les règles de Bruxelles. Sans grande surprise, le budget 2019 italien a donc été rejeté par la Commission européenne le 23 octobre dernier.

Les décisions des agences de notation et leurs impacts sur les taux italiens

Le vendredi 19 octobre dernier, inquiète du parcours budgétaire italien, l’agence de notation Moody’s rétrogradait la dette italienne au rang de « Baa3 », dernier échelon avant la catégorie spéculative. L’impact de cette dégradation était toutefois atténué par l’annonce d’une perspective stable, ce qui signifie qu’aucune nouvelle dégradation n’est envisagée dans les 6 prochains mois.

Ce vendredi 26 octobre, l’agence de notation S&P a quant à elle préféré maintenir la note de l’Italie à BBB, soit deux échelons au-dessus de la catégorie spéculative. Cette fois en revanche, la notation est assortie d’une perspective négative, ce qui signifie que l’agence pourrait bien revoir sa notation à la baisse au cours des 24 prochains mois.

Si le taux 10 ans italien s’était envolé dans les jours suivant l’annonce de Moody’s, passant de 3,33% à 3,64%, la cotation est aujourd’hui de retour à son point de départ suite à la décision plus modérée de l’agence S&P.

Les dates clés des prochaines semaines

Le 5 novembre, la réunion de l’Eurogroupe sera une nouvelle occasion pour les partenaires européens de mettre la pression sur l’Italie et de la convaincre de modifier son budget.

Le 8 novembre, la Commission européenne publiera ses prévisions économiques. En cas de divergence trop forte avec le budget proposé par l’Italie, des sanctions seront envisagées. L’Italie aura alors jusqu’au 13 novembre pour proposer un budget amendé.

Trois semaines au plus tard après la remise d’un nouveau budget italien, Bruxelles devra alors se prononcer de nouveau. Dans le cas où le nouveau budget proposé ne serait pas en accord avec les règles de la Commission européenne, une procédure pour déficit budgétaire excessif serait alors ouverte. Une sanction qui pourrait intervenir à quelques semaines seulement des élections européennes d’avril 2019.

La réunion monétaire de la Banque centrale européenne prévue le 13 décembre sera également suivie de très près par des investisseurs soucieux de connaître l’avis de l’institution sur la crise en cours.

 

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