La politique monétaire a connu un revirement marqué au cours du premier semestre 2026. Les marchés sont passés d’anticipations de baisses de taux de la part des principales banques centrales à l’hypothèse de nouvelles hausses de taux pour certaines d’entre elles. Dans le même temps, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient se sont intensifiées, les prix du pétrole ont fortement progressé et l’inflation est repartie à la hausse.
La BCE et la Banque du Japon (BoJ) ont chacune relevé leurs taux directeurs une fois, tandis que le marché anticipe désormais un nouveau relèvement des taux par la Réserve fédérale américaine (Fed) d’ici la fin de l’année. Cette évolution a profondément influencé le marché des changes, le dollar américain retrouvant son statut de principale devise de référence sur les marchés mondiaux. La paire USD/JPY est revenue à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis juillet 2024, tandis que l’euro et la livre sterling ont effacé une grande partie des gains enregistrés au début de l’année.
Une inflation plus persistante implique des taux d’intérêt plus élevés
L’évolution de la politique monétaire dépendra en grande partie de la trajectoire de l’inflation. Si celle-ci reste durablement élevée, les banques centrales pourraient être amenées à maintenir, voire à renforcer, leur politique de resserrement afin de ramener l’inflation vers leur objectif de stabilité des prix de 2 %. L’évolution de l’inflation dépendra elle-même largement des prix du pétrole et de leurs effets de transmission sur l’économie.
Les cours du pétrole ont récemment nettement reculé, ce qui pourrait réduire la pression exercée sur les banques centrales pour relever davantage leurs taux directeurs. Toutefois, à ce stade, compte tenu des dernières projections de la Fed (dot plot) et de son orientation toujours restrictive (hawkish), il semble prématuré d’anticiper un changement de ton, tant de la part de la Réserve fédérale que des marchés. Cette prudence est d’autant plus justifiée que l’inflation sous-jacente demeure à des niveaux élevés.
Un dollar américain plus fort
Cela étant, l’analyse technique apporte également des indications intéressantes sur la direction que pourraient prendre les marchés. La paire EUR/USD suggère notamment que le dollar américain pourrait poursuivre son renforcement.
Actuellement, l’EUR/USD évolue au niveau d’une zone de support majeure de long terme, qui fait office de support et de résistance depuis janvier 2022. Historiquement, la zone comprise entre 1,14 et 1,15 a constitué un seuil déterminant pour le marché des changes. Si ce niveau venait à être franchi à la baisse, cela pourrait signaler un nouvel affaiblissement de l’euro face au dollar, avec un retour potentiel de la paire EUR/USD vers 1,10.

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Même si la Banque du Japon (BoJ) a relevé ses taux en juin et laissé entendre que d’autres hausses pourraient intervenir d’ici la fin de l’année, la paire USD/JPY est remontée à 161,90, un niveau inédit depuis juillet 2024. Il faut remonter jusqu’en décembre 1986 pour retrouver un yen aussi faible.
Aussi extrême que cela puisse paraître, un franchissement durable du seuil des 162 pourrait, à plus long terme, ouvrir la voie à des niveaux tels que 200. D’un point de vue technique, les résistances étant très limitées au-delà des niveaux actuels, un mouvement de hausse d’ampleur ne peut être exclu.
Par ailleurs, à moins que la BoJ n’accélère le rythme de son resserrement monétaire ou que le gouvernement japonais ne réduise une partie de ses dépenses budgétaires, une intervention sur le marché des changes pourrait rester le principal levier susceptible d’empêcher un tel scénario.

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Le marché anticipe que la Banque d’Angleterre (BoE) maintiendra ses taux inchangés pendant la majeure partie de l’année, avec une probabilité de 80 % d’une hausse des taux intégrée dans les marchés pour le mois de décembre. Dans ce contexte la livre sterling pourrait évoluer de manière comparable au yen et à l’euro face au dollar américain.
Par ailleurs, une figure potentielle en tête-épaules semble se dessiner sur la paire GBP/USD. Une cassure sous la ligne de cou, située autour de 1,32, pourrait ouvrir la voie à un repli vers 1,30. Un tel mouvement viendrait probablement tester la borne inférieure d’une figure en biseau ascendant, dont la rupture pourrait signaler un affaiblissement plus marqué de la livre sterling.

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À l’heure actuelle, les marchés anticipent de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale, ce qui pourrait permettre au dollar américain de retrouver son rôle de devise dominante, comme ce fut le cas en 2022, en particulier si la Fed est effectivement amenée à relever ses taux directeurs.
Toutefois, l’évolution du dollar dépendra non seulement du niveau actuel de l’inflation, mais aussi du fait que la Réserve fédérale n’est pas parvenue à ramener durablement l’inflation vers son objectif au cours des cinq dernières années, après avoir réorienté ses priorités, fin 2024, de la lutte contre l’inflation vers le soutien au marché du travail.
Or, le marché de l’emploi américain semble aujourd’hui beaucoup plus solide. Si la Fed estime que les conditions sont désormais réunies pour achever son cycle de désinflation, le dollar américain pourrait continuer de se renforcer au cours du second semestre 2026.
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