Depuis le 27 septembre 2012, les pays membres de la zone euro bénéficient d’une arme de défense commune pour lutter contre les crises financières : le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Nous sommes en mai 2010 lorsque la zone euro doit pour la première fois porter secours à l’un de ses pays membres : la Grèce. Quelques mois plus tard, l’Irlande en novembre, puis le Portugal en 2011, bénéficieront à leurs tours de plans d’aide pour faire face à l’envolée de leurs taux d’emprunt. Près d’une décennie plus tard, les mesures d’urgence temporaires sont pour certaines devenues des solutions pérennes réunies au sein du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Un « FMI européen »

Le Mécanisme européen de stabilité (MES) résulte de la fusion de deux structures construites dans l’urgence lors de la crise de la zone euro : le Fond européen de stabilité financière (FESF) et Mécanisme européen de stabilité financière (MESF).

Lancée le 27 septembre 2012, cette institution implantée au Luxembourg est souvent comparée au FMI en raison de sa fonction principale consistant à garantir la stabilité financière de la zone euro. Outil de gestion de crise par excellence, le MES protège donc l’union monétaire et veille aux conditions de financement des pays qui la composent.

Les armes du Mécanisme européen de stabilité

Afin de remplir sa mission, le MES dispose d’importantes ressources financières mises à sa disposition par ses pays membres (près de 800 milliards d’euros), l’Allemagne et la France figurant au rang de ses premiers contributeurs.

Grâce à cette puissance financière susceptible d’être démultipliée grâce au recours à l’effet de levier, le MES est ainsi en capacité de financer plusieurs types d’opérations telles que des prêts accompagnés de programmes de restructuration (comme ce fut le cas pour la Grèce, le Portugal, la Grèce et Chypre), des recapitalisations indirectes de banques (comme ce fut le cas pour l’Espagne), mais également des opérations n’ayant pas encore été réalisées à ce jour telles que des achats d’obligations sur les marchés primaire et secondaire, des lignes de crédits de précaution, voire la recapitalisation directe d’institutions.

Réservées aux pays de la zone euro signataires du « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », ces aides sont également assorties de contraintes budgétaires pour leurs bénéficiaires.

Une institution au cœur des débats

En décembre dernier, alors que les 27 pays de l’Union européenne s’entendaient sur un « budget de la zone euro », les prérogatives du MES étaient par la même occasion étendues afin de lui permettre de mieux suivre la situation économique de chaque pays membre et d’en faire un prêteur en dernier ressort pour les établissements financiers.

Avec l’augmentation des pouvoirs du MES se pose désormais la question du processus de décision. En effet, comment décider de venir en aide à un pays et quelles conditions lui accorder ? Pour l’heure, le vote reste proportionnel aux contributions financières de chaque pays, mais face à la contestation de certains pays tels que les Pays-Bas, la donne pourrait bien changer.

 

 

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