FED : La fin de la « forward guidance » ?

Au cours des derniers mois, les investisseurs ont vu le discours de la Réserve fédérale américaine (FED) évoluer, tant sur le fond que sur la forme.

Jerome Powell l’avait annoncé dès son investiture, contrairement à ses prédécesseurs, il prendrait la parole au terme de chaque réunion de politique monétaire du FOMC. Ce passage d’une unique conférence trimestrielle à des rendez-vous mensuels devait ainsi permettre de renforcer la communication de la FED en délivrant un message plus clair aux différents acteurs économiques. Un peu plus d’un an après son entrée en fonction, le « style » Jerome Powell et les circonstances contraignent pourtant les marchés à naviguer à vue.

De contrepieds en contrepieds

Au dernier trimestre de l’année 2018, le discours de Jerome Powell laissait penser à une poursuite de la politique de resserrement monétaire. Les taux étaient jugés inférieurs à leurs niveaux d’équilibre, et leur hausse devait donc se poursuivre sur l’année 2019.

En toute cohérent avec cette « forward guidance », lors de la dernière réunion de politique monétaire de l’année, les taux directeurs étaient donc remontés, la FED annonçait une poursuite de la réduction de son bilan, et tout laissait à penser que ce régime se poursuivrait en 2019.

Seulement voilà, lors de la réunion de politique monétaire suivante, le discours de Jerome Powell s’est soudainement fait plus accommodant en annonçant une pause dans la politique de resserrement monétaire de la FED. Dans un élan d’optimisme, les marchés se sont alors lancés à l’assaut de leurs plus hauts historiques, certains analystes allant même jusqu’à anticiper le retour d’une politique monétaire accommodante (tant réclamée par le président Donald Trump).

Cette vague d’optimisme a néanmoins cessé lors de la réunion de ce mois de mai au cours de laquelle les taux directeurs de la FED sont restés inchangés (2,25% - 2,50%). Si les investisseurs s’appuyaient sur la faiblesse de l’inflation pour alimenter leurs espoirs de nouvelles mesures de soutien à l’économie, Jerome Powell est en effet venu doucher leurs espoirs en qualifiant la faiblesse de l’inflation de « période transitoire » et en confirmant un objectif de 2% pour l'année 2019, et ce, sans aucun projet de changement des taux directeurs.

Avec une économie américaine en croissance de +3,2% au premier trimestre et un taux de chômage au plus bas depuis 50 ans, la FED a en effet tout intérêt à accompagner cette croissance sans créer de "surchauffe" de l’économie.

Une situation iné dite

Mais cette absence de « forward guidance » et ces contrepieds répétés sont-ils de la seule responsabilité de Jerome Powell ? Pas vraiment. Il faut reconnaître que la tâche de Janet Yellen au cours du mandat précédent était a priori plus simple dans le cadre d’une remontée des taux graduelle.

Toujours est-il que la faiblesse de l’inflation inquiète et que les propos de Jerome Powell peinent à rassurer. Et pour cause, malgré les trillions de dollars injectés par la FED, l’objectif d'une inflation de 2% adopté en 2012 n’est toujours pas atteint.

Perplexes face aux derniers discours de Jerome Powell, certains agents économiques remettent aujourd’hui en cause la clarté des objectifs de la FED, sa capacité à les atteindre en période de croissance, et surtout sa capacité à faire face à la prochaine crise.

 

 

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