Jerome Powell, portrait complet du nouveau président de la FED

Proposé par Donald Trump début novembre, puis confirmé par le Sénat le 24 janvier à une large majorité (84 voix contre 13), Jerome Hayden Powell, alias Jay Powell, succède à Janet Yellen à la tête de la Réserve fédérale américaine (FED).

Né le 4 février 1953 à Washington DC, Jerome Powell est entré en fonction ce lundi 5 février 2018, au lendemain de ses 65 ans. Accueilli par la plus forte baisse du Dow Jones (-1597 points en séance), le républicain est ainsi devenu le 16ième président de la banque centrale américaine.

L’original CV de Jerome Powell

Pour la première fois depuis sa création, l’institution centenaire ne sera pas présidée par un docteur en économie mais par un juriste. Diplômé des universités de Princeton (1975) puis de Georgetown (1979), Jerome Powell rejoint d’abord les cabinets d’avocats new-yorkais au service d’Ellsworth Van Graafeiland à la Cours d’appel fédérale des États-Unis de New York, puis le Cabinet d’avocats Davis Polk & Wardwell (1981-83) avant de travailler pour Werbel & McMillen(1983-84).

Ce n’est donc qu’en 1984 que Jerome Powell rejoint pour la première fois le monde de la finance en intégrant les équipes de la banque d’investissement Dillon Read & Co., au sein de laquelle il s’élève au poste de vice-président et rencontre son mentor Nicholas Brady.

En 1990, Nicholas Brady devient secrétaire au Trésor de George Bush père et emmène avec lui Jerome Powell qui se retrouve alors nommé sous-secrétaire chargé des questions de finances domestiques. En 1993 Powell rejoint la banque Bankers Trust qu’il devra quitter en 1995 suite à de fortes pertes subies par des clients de l’entreprise en raison de l’utilisation de produits dérivés.

Quant à son statut de gouverneur le plus riche de la Réserve fédérale américaine (patrimoine personnel estimé à 55 millions de dollars), il le doit  à ses années passées à Washington en tant qu’associé du fonds privé d’investissement The Carlyle Group, de 1997 à 2005.

Suite à son départ de chez Carlyle Group, il fonde la société d’investissement Severn Capital Partners, spécialisée dans les secteurs financier et industriel, puis il rejoint le Global Environment Fund, un fonds d’amorçage spécialisé dans les énergies renouvelables.

En 2010, Powell s’implique dans un groupe de réflexion afin de contribuer au relèvement du plafond de la dette américaine au cours de la crise de 2011, puis il est nommé gouverneur de la banque centrale américaine par Barack Obama à la fin de l’année. Pour la premiè re fois depuis 1988, un président démocrate nomme un gouverneur républicain. L’occasion pour Powell de cohabiter avec Ben Bernanke, puis avec Janet Yellen dont il ne contestera aucune décision.

Le 5 novembre 2017, Donald Trump nomme Powell au poste de Président de la Réserve fédérale américaine. Le 23 janvier 2018, le Sénat confirme sa nomination. Le 4 février 2018, Janet Yellen cède sa place à regret, le mandat de Jerome Powell peut commencer.

Sur les traces de Janet Yellen

Première femme à occuper le poste de présidente de la Réserve fédérale américaine (FED), Janet Yellen aura mené une politique monétaire particulièrement accommodante, mais qu’en sera-t-il de son successeur ?

Plébiscité par la quasi-totalité de l’échiquier politique à l’exception de quelques sénateurs tels que Marco Rubio ou Bernie Sanders, Jerome Powell devrait suivre une politique conforme aux orientations communiquées par l’institution au cours de ces dernières semaines, c’est-à-dire une politique de resserrement monétaire graduelle afin de normaliser peu à peu les taux d’intérêt.

Accueilli par une crise du VIX sans précédent et par un violent décrochage des indices boursiers, Jerome Powell aura fort à faire pour désamorcer en douceur les multiples bulles gonflées par ses prédécesseurs.

Si aucun changement de taille ne devrait survenir dans la politique monétaire de la FED, le véritable tournant pourrait être l’assouplissement de certaines règles financières mises en place suite à la crise des Subprimes de 2008, une politique de dérèglementation dans laquelle Donald Trump ne pourra que l’encourager.

Prévue mi-février, la première intervention de Jerome Powell devant le Congrès à l’occasion du témoignage du dirigeant de la Réserve fédérale américaine sur l’état de l’économie des États-Unis sera suivie de très près par les investisseurs. Sa première réunion de politique monétaire (20 et 21 mars 2018) pourrait inaugurer la première hausse des taux d’intérêt de l’année au vu du surcroît de croissance susceptible d’être apporté par la réforme fiscale menée par Donald Trump.