Nous sommes le soir du jeudi 24 octobre 1929, l’indice de la Bourse de New York vient de chuter de 22% dans des volumes sans précédent, et la panique s’empare des investisseurs tout autour du monde. De l’autre côté de l’Atlantique, loin d’être épargnée par ce krach boursier américain, l’économie européenne vient sans le savoir d’entrer de plain-pied dans l’une des phases les plus sombres de son histoire : la Grande Dépression.

Quinze ans plus tard, minées par cette crise économique de longue durée puis ravagées par la Seconde Guerre mondiale, les économies du Vieux Continent sont à reconstruire. En revanche, relativement épargnée par l’absence de conflits sur son territoire, l’économie américaine se porte mieux, et les américains comptent bien conserver cette longueur d’avance.

Deux visions du monde monétaire s’affrontent

Au New Hampshire, du premier au 22 juillet 1944, les représentants de plus de quarante nations alliées se réunissent dans la station montagnarde de Bretton Woods afin de lutter contre l’instabilité monétaire mondiale. Les économistes John Maynard Keynes et Harry Dexter White y représentent respectivement la Grande-Bretagne et les États-Unis, deux superpuissances pour deux visions du monde monétaire.

L’américain Harry Dexter White plaide pour la mise en place de taux de change fixes entre le dollar et les autres devises. De son côté, le britannique John Maynard Keynes revendique une certaine flexibilité sur la fixation des taux de change (ce qui permettrait aux pays endettés comme la Grande Bretagne de mieux maîtriser leur balance commerciale).

Compromis à l’avantage de l’économiste américain, l’accord final de Bretton Woods propose un modèle de taux de change fixes (mais ajustables) par rapport au dollar. Le système monétaire mondial s’organise alors autour du billet vert, convertible à son tour en or au cours fixe de 35$ par once. L’accord prévoit par ailleurs la création d’institutions de régulation : le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale.

Chute de l’étalon-or et fin des accords de Bretton Woods

Malgré leurs objectifs louables, les règles monétaires fixées lors de la conférence de Bretton Woods furent abandonnées en 1971 à l’occasion des accords de la Jamaïque. Le flou de certaines notions comme le “déséquilibre fondamentale” d’une balance commerciale (condition sine qua non à l’ajustement des taux fixes) ou l’absence de sanctions envers les nations en excédent commercial ont largement participé à la remise en cause de ces accords.

À de rares exceptions près, les taux de change entre les devises sont aujourd’hui variables et déterminés par la loi de l’offre et de la demande sur le marché des changes. Héritage direct des discussions de juillet 1944, FMI et Banque mondiale continuent d’exercer leurs mandats respectifs de maintien de la stabilité financière et d’aide au développement économique international. Une troisième organisation internationale aurait d’ailleurs pu voir le jour dès 1944 : l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais en l’absence d’accord lors de la Conférence de Bretton Woods, cette dernière institution ne prendra sa forme définitive qu’en 1995 en se substituant à l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT).

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