Indicateur clé du commerce international, la balance commerciale correspond à la différence entre la valeur des biens importés et celle des biens exportés par une zone économique. Le solde de la balance commerciale constitue donc un indicateur fiable de la situation financière d’une économie à condition d’analyser attentivement les données utilisées pour son calcul.

Situation d’excédent commercial et de déficit commercial

Lorsque la balance commerciale est positive, la valeur des exportations est supérieure à celle des importations, et nous sommes en présence d’un excédent commercial (exemple : la Chine). À l’inverse, lorsque la balance commerciale est négative, la valeur des exportations est inférieure à celle des importations, et nous sommes en présence d’un déficit commercial (exemple : la France).

Un déficit commercial peut témoigner des difficultés rencontrées par les entreprises nationales exportatrices, et donc de leur manque de compétitivité. Cependant, un déficit commercial peut aussi exister en période d’expansion économique. En effet, lorsque la croissance est tirée par une forte consommation, la demande augmente et les biens non disponibles sur le territoire sont importés ; c’est notamment le cas aux États-Unis où le déficit commercial s’élève à plus de 566 milliards de dollars alors que le pays est le plus riche au monde en termes de Produit Intérieur Brut (PIB). La consommation inté rieure impacte donc le solde de la balance commerciale.

Les accords commerciaux et droits de douane sont eux aussi des facteurs importants d’où l’enjeu des négociations actuelles entre le Royaume-Uni et l’Union européenne relatives aux conditions commerciales qui s’appliqueront une fois le Brexit passé. De même, les mesures protectionnistes annoncées par l’administration Trump s’inscrivent également dans cette volonté d’améliorer la balance commerciale nationale.

Enfin, les taux de change des devises jouent également un rôle important pour le calcul de la balance commerciale. En effet, une monnaie faible favorise les exportations au détriment des importations, ce qui crée in fine un excédent commercial. Souvent citée, la Chine a été accusée à plusieurs reprises de recourir à ce mécanisme afin de soutenir sa croissance économique basée sur les exportations.

Un déficit commercial français chronique

La France connaît quant à elle un déficit commercial depuis 2004. Au premier trimestre 2018, celui-ci a augmenté de 15,8 milliards d’euros tandis que la croissance économique française connaissait un léger repli. Ce déficit est principalement lié à une baisse des exportations, notamment des exportations aéronautiques, tandis que les importations restent stables.

L’analyse du déficit commercial français permet de distinguer une importante composante structurelle liée à la dépendance énergétique. En effet, le prix du baril de pé trole impacte fortement la valeur des importations. Entre 2016 et 2017, le solde énergétique était responsable à lui seul de 7,5 milliards d’euros de déficit supplémentaires. Parallèlement, la France connaît depuis plusieurs décennies un processus de désindustrialisation caractérisé par une baisse de la part de l’industrie dans le PIB français. Les entreprises industrielles françaises manquent donc de compétitivité et ne sont pas toujours en mesure de répondre à une hausse de la demande, entraînant ainsi une augmentation des importations.

Ce déficit commercial doit cependant être nuancé par la bonne tenue de la balance des services. En effet, la désindustrialisation s’est faite au profit du secteur tertiaire des services, et les secteurs du tourisme et des services financiers permettent un excédent de la balance des services qui, avec la balance commerciale, constituent la balance courante. Cette dernière reste cependant déficitaire et représentait 1,85% du PIB français en 2016.