Zoom sur le fonds souverain norvégien

Premier fonds souverain mondial avec près de 850 milliards d’euros sous gestion, le mastodonte norvégien « Statens pensjonsfond Utland » entame sa reconversion.

Suite à une perte record de 485 milliards de couronnes (50 milliards d’euros) en 2018, et sous l’impulsion du Ministère des Finances, le fonds souverain norvégien vient d’annoncer le 7 mars dernier sa sortie progressive des hydrocarbures. Voici quelques informations utiles pour mieux comprendre les enjeux de cette transition.

Portrait du fonds souverain norvégien

Le Government Pension Fund-Global est l'un des deux fonds souverains de la Norvège. Créé en 2006, il est le successeur du Petroleum Fund (Fonds gouvernemental pour le pétrole) mis en place pour gérer les mannes financières provenant de l’exploitation du pétrole et de ses dérivés.

Le Government Pension Fund-Global est depuis sa création l'un des fonds souverains les plus importants du monde avec un record d’actifs sous gestion estimé à 878 milliards de dollars. Fin 2016, 1,3% de la capitalisation boursière mondiale était sous son contrôle…

La stratégie norvégienne

Le Government Pension Fund est géré principalement par la Banque centrale de Norvège, afin de garantir un rendement financier destiné aux générations futures et au paiement des retraites. Ce fonds adopte une gestion prudente avec des participations ne pouvant pas dépasser les 5% par actif. Son allocation d'actifs est ainsi composée à 60 % d'actions, à 35 % d’obligations, et à 5 % de biens immobiliers.

Ses comptes sont audités tous les ans par le Bureau de l’Audit Général, et un rapport est envoyé tous les trimestres au ministère des finances norvégien. La Banque centrale de Norvège a également l'obligation de communiquer toutes ses opérations au grand public via un rapport annuel. À cela, s’ajoutent des règles de gouvernance strictement formalisées, incluant notamment des préoccupations concernant le travail des enfants, et, depuis peu, des préoccupations environnementales.

En opérant ce changement de cap radical, le fonds souverain norvégien jusqu’ici très fortement investi dans les hydrocarbures devrait se retirer de 134 entreprises spécialisées dans l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz. Cet exemple de désinvestissement confirme le cap pris par de nombreuses institutions financières soucieuses de lutter à leur manière contre le réchauffement climatique, que ce soit pour avoir « bonne conscience » ou pour des raisons purement financières telles que l’anticipation d’une taxation défavorable aux hydrocarbures à l’avenir.

Le secteur pétrolier n’est d’ailleurs pas le seul concerné par ce changement de cap. L’ensemble des quelques 9000 entreprises entrant dans la composition du fonds verront elles aussi leurs performances environnementales, sociétales, et de gouvernance analysées avec minutie.

Pour les investisseurs, cette décision a son importance. Dans certaines entreprises telles que l’entreprise française Total, la participation du fonds dépasse les 2% de capitalisation. S’il venait à se retirer, d’autres acteurs des marchés pourraient alors être tentés de faire de même.

Le Government Pension Fund souhaite démontrer au cours des prochains trimestres qu'un fonds souverain peut mettre l'éthique, la transparence, et la transition énergétique au centre de sa stratégie d’investissement, tout en affichant de bons résultats.

 

 

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