Les indices boursiers se sont bien repris au cours du dernier trimestre. Alors que le risque politique revient en force, les banques centrales semblent avoir épuisé leurs munitions pour l’année. Dans ce contexte, il est illusoire d’attendre une forte hausse des marchés au cours du dernier trimestre.

Au cours du quatrième trimestre de 2016, les indices pourraient rester atones. Le MSCI World affiche en effet la meilleure performance trimestrielle en trois ans et une pause paraît bienvenue. L’année avait pourtant très mal commencé sur les marchés et le rattrapage est déjà conséquent. Le 30 septembre en milieu de matinée, le S&P 500 gagnait 4,2% depuis le début de l’année quand le CAC 40 perdait 5,5% sur la même période. Au troisième trimestre, la performance est spectaculaire : l’indice américain s’est envolé de 15,5% quand l’indice parisien a progressé de 3,4%. Un différentiel qui s’explique par le risque politique induit par le référendum britannique en Europe. Peu d’éléments sont susceptibles de remettre en cause ce trend annuel plus favorable aux Etats-Unis qu’en Europe d’ici la fin de l’année. Seule l’incertitude des élections américaines pourrait entraîner des prises de bénéfices chez des investisseurs inquiets et pousser la volatilité à la hausse d’ici début novembre. Après l’é lection, la disparition de l’incertitude devrait permettre un retour à la normale sur les marchés. Néanmoins, il est clair qu’une victoire d’Hillary Clinton serait plus favorable aux marchés actions au vue de la réaction des indices à la suite du premier débat remporté par la candidate démocrate.

Peu d’annonces majeures sont à attendre du côté des banques centrales d’ici la fin de l’année. Comme nous l’indiquions dans notre dernier commentaire, Janet Yellen est piégée par ses engagements. La faiblesse de la croissance américaine l’empêche de mener un resserrement monétaire digne de ce nom. Alors que le marché attendait début 2016 au moins trois hausses de taux pour l’année, la Réserve fédérale américaine (Fed) ne devrait finalement relever son taux directeur qu’une seule fois en décembre (au vue de la probabilité indiquée par les Fed Funds autour de 60% ces dernières semaines). De son côté, l’impact des mesures accommodantes prises par la banque du Japon (BoJ), la semaine dernière, n’aura pas vraiment convaincu les marchés. Tant que la parité USD-JPY reste contenue autour de 100 USD-JPY, les autorités monétaires japonaises ne seront pas amenées à intervenir davantage. Le Japon ne cesse d’innover en la matière et semble avoir tout essayé pour relancer l’inflation. Sans succès jusqu’à présent. Quant à la BCE, elle poursuit son Quantitative Easing (QE) en repoussant à plus tard le bilan de sa politique qui n’a pas produit les effets escomptés.

Deutsche Bank : « Too big to fail »
L’accord surprise trouvé à Alger entre les membres de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) doit inciter à la prudence. L’OPEP pourrait ramener sa production à 32,5 millions de barils par jour (bpj) contre un niveau actuel de 33,24 millions, soit une baisse représentant environ la moitié de l’excédent estimé de l’offre mondiale. Mais il est peu probable que cet accord soit respecté dans les faits car la répartition de l’ajustement demandé à chaque pays membre n’a pas été encore actée. Par ailleurs, un mouvement haussier du baril vers les 50 dollars entraînera une relance de l’offre des producteurs de pétrole de schiste aux Etats-Unis vers leurs plus hauts niveaux historiques (production de 9,6 millions de barils/jour en juin 2015), élément qui permettra au marché de s’ajuster. Fortement pénalisés par la baisse des prix du baril depuis l’été 2014, les producteurs américains ont dans l’ensemble bien tenu le choc en abaissant au maximum leurs coûts de production. Quant à la demande de pétrole, elle ne devrait augmenter que faiblement en 2017 selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) en raison de perspectives macroéconomiques moins optimistes depuis le référendum britannique. La hausse des cours du pétrole restera donc contenue au cours des prochains mois malgré l’accord d’Alger.

Enfin, il convient de garder son sang-froid à propos de la déconfiture boursière de la Deutsche Bank. Il s’agit d’une banque systémique, selon le FMI, à classer dans la catégorie des « too big too fail ». Son cas peut donc entraîner de la volatilité à court terme mais après 86% de baisse sur dix ans, et une capitalisation boursière inférieure à Twitter, le potentiel baissier de l’action Deutsche Bank est désormais restreint. En cas de force majeure, le gouvernement allemand ne pourra tout simplement pas la laisser faire faillite.

Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets

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