Avec une production en hausse en Inde et dans l'Union européenne, « l'offre de sucre devrait excéder la demande après deux années consécutives de déficit », a estimé l'Association internationale du sucre (International Sugar Organization : ISO) dans son rapport trimestriel publié en Août 2017. En effet, des efforts de libéralisation ont été menés dans les principales zones de production. L’Union européenne met fin aux quotas à partir du 1er octobre 2017. Rappelons que les quotas sucriers sont entrés en application en 1968 et qu’ils avaient pour mission de garantir la production. Ils s’élèvent actuellement à 13,3 millions de tonnes de sucre, répartis entre 19 États membres. L’inde et la Thaïlande devraient également reformer leur politique sucrière à la suite de plainte déposée par le Brésil à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Quantitativement, toujours selon l'ISO, la production de sucre devrait atteindre 179,3 millions de tonnes en 2017-2018, contre 167,8 millions de tonnes en 2016-2017, soit une hausse de 6,9%, tandis que la demande devrait augmenter de seulement 1,8% à 174,7 millions de tonnes. La baisse du prix du sucre blanc observée actuellement sur le marché tient ici sa première explication.

En outre, cette situation d’excèdent de production permet la formation d’une situation de marché appelée le Contango. Ce terme correspond à une situation où le prix comptant d’une valeur, qu’il s’agisse d’une action ou d’une matière première, est inférieur à son prix futur. Techniquement, cela signifie qu’il y a une prime au propriétaire d’un stock. Si la pente des prix dans le futur est forte et continue, il lui suffit de comparer son prix de stockage et le prix futur de la valeur pour définir sa stratégie. Au 26 septembre 2017, les cours cash du sucre blanc sont de 365,04$ alors que les contrats futurs pour livraison en Mars 2018 sont de 370,80$.

Les déficits de production importants constatés en 2015 et 2016 ont favorisé le phénomène inverse à savoir la Backwardation. Concrètement, le prix futur est inférieur au prix comptant donc le marché pénalise les opérations de stockage à court terme. Or les rapports de l’ISO publiés à cette époque faisaient état de niveaux de surproduction importants. L’institut parlait alors «d’ un déficit d'environ 2 à 2,5 Mt », à cause d'un recul de la production cette année-là, « notamment dans l'Union européenne, tandis que la demande devrait continuer à progresser. Le marché mondial du sucre sortirait ainsi d'un long cycle de surabondance d'offre, commencé en 2010-11».

La seconde explication quant à la forte baisse des cours actuels tient peut-être au débouclage de contrats futurs conclus sur la période 2015-2016 et donc à un excédent de sucre sur le marché. De plus, comme nous le verrons plus bas, les prévisions de l’OCDE anticipent une baisse des prix du sucre, ce qui incite les hedge funds à réduire leurs positions.

Il convient également de surveiller l’évolution des cours du pétrole. En effet, la canne à sucre sert également à la production d’éthanol qui est un substitut cohérent au pétrole. Rappelons qu’au début des années 2000, la forte hausse des cours du baril de pétrole a eu pour conséquence le lancement de nombreux programmes de développement de l’éthanol comme carburant. La stabilisation actuelle des cours du baril de pétrole peut également expliquer en partie cette situation bearish sur le sucre blanc.

Enfin, la dernière explication qui pourrait expliquer les baisses de cours actuelles, tient à l’appréciation du dollar par rapport au real brésilien, ce qui a pénalisé les exportations brésiliennes. En effet sur la période 2015-2017, la devise nord-américaine s’est appréciée de plus de 50%. Selon l’OCDE, dans son rapport « Perspectives Agricoles de l'OCDE et de la FAO 2017-2026 » publié en Juillet 2017, le Brésil est le premier exportateur mondial de sucre avec 25 millions de tonnes soit près de 50% des échanges mondiaux.

En terme de prospectives, il est important de rappeler que les catalyseurs principaux sont les conditions météorologiques, l’environnement macroéconomique et les évolutions des politiques nationales. Selon l’OCDE, dans son rapport de juillet 2017, « les prix du sucre devraient continuer à baisser pendant quelques années ». L’organisation cite notamment trois facteurs qui pourraient influer à la baisse les cours mondiaux du sucre : le ralentissement de la croissance démographique, l’augmentation des superficies consacrées aux cultures sucrières et l’évolution du comportement des consommateurs.

 

Évolution du CFD à risque limité Sucre blanc - Données journalières sur 2 ans

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Source : CMC Markets, Plateforme Next Generation au 27/09/2017. Performances nettes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

Graphiquement, en données journalières, la tendance est à la baisse. Nous remarquons également que les cours de clôture évoluent systématiquement sous les différentes moyennes mobiles à court, moyen et long terme (50 jours, 100 jours et 200 jours). À court terme le support se trouve dans la zone des 335,63$ (ligne pointillée verte), dernier plus bas de 2015. Dans le cas d’une cassure de ce seuil, le cours pourrait évoluer dans des zones qui n’ont plus été atteintes depuis plus de 7 années. Rappelons que le plus bas historique sur 7 ans est de 333,16$. À l’inverse, un scenario haussier sur le cours pourrait laisser envisager un retour dans la zone de résistance à 406,41$ (ligne pointillée rouge). Si ce seuil est enfoncé, nous pourrions alors envisager un mouvement vers les 457,18$.

Par Louis-Antoine Michelet, Analyste Marchés pour CMC Markets

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