- L’ Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) abandonne - Les Etats-Unis lèvent leur interdiction à l’export - Productions russe et saoudienne records - USA : déclin du nombre de puits ouverts et accumulation de stocks - La demande chinoise - Le positionnement des fonds spéculatifs - NOK et CAD, les devises estampillées « pétrole » L’OPEP abandonne Le plan rusé de l’OPEP qui consiste à ne pas baisser sa production pour amener le prix du baril vers un niveau qui ruinera la concurrence, prend un peu plus de temps qu’imaginé initialement. Conformément au meeting de Décembre 2014, le dernier meeting de décembre 2015 de l’OPEP a envoyé le pétrole sur des plus bas de plusieurs années. Cette fois-ci l’OPEP n’a pas réussi à s’accorder sur un quota. Le conflit entre l’Arabie Saoudite et l’Iran a engendré le retrait de toute forme de plafond de production, qui était précédemment de 30 millions de barils par jour. Dès lors et au moins jusqu’à la prochaine réunion de l’OPEP prévue cet été, les prix du baril ne refléteront pas un plafond de production. Le pétrole a chuté de 40% après la décision de l’OPEP en novembre 2014. Une nouvelle baisse de 40% suite à la réunion de décembre dernier nous amènerait cette fois-ci à 25 USD le baril. Les Etats-Unis lèvent leur interdiction à l’export Moins d’une semaine après que le Congrès américain ait accepté de lever l’interdiction sur les exportations du pays, le prix des futures sur le pétrole américain (WTI) a dépassé celui du standard international, le pétrole de Brent. La parité entre le WTI et le Brent a été atteinte avant même la signature du contrat au Congrès. Les Etats-Unis produisent du brut léger et intermédiaire, et non pas le pétrole acide que les raffineries sont habituées à recevoir du Moyen-Orient, de ce fait un délai pourrait être observé avant que leur pétrole soit exporté dans des proportions importantes. En 2016, avec une demande pour le brut léger désormais non restreinte par une interdiction et une offre qui baisse alors que les producteurs réduisent leur production, le prix du WTI devrait commencer à se traiter de nouveau au-dessus du prix du Brent comme c’était le cas avant 2010. Productions russe et saoudienne records Une diminution des futures dépenses des pétrolières internationales réduira l’offre en fin de compte. Sur le court terme, les productions record contrôlées par les gouvernements de pays membres et non-membres de l’OPEP, tels l’Arabie Saoudite et la Russie, inondent le marché, créant une offre excédentaire et des prix bas. Ces gouvernements produisent du pétrole à des niveaux record pour combler le manque à gagner engendré par les prix bas. Les deux pays sont actuellement numéros 1 et 2 dans le monde en terme de production et leurs budgets sont très dépendants des revenus issus du pétrole. Les graphiques ci-dessous montrent une tendance générale à la hausse concernant les niveaux de production sur les cinq dernières années pour ces deux pays, avec une pointe lors de l’été 2014 quand les prix du pétrole ont commencé à chuter. Graphique de la production de pétrole saoudienne (en millions de barils / jour) 2010-2015 Source : Bloomberg, Décembre 2015 Graphique de la production de pétrole russe (en millions de barils / jour) 2010-2015 Source : Bloomberg, Décembre 2015 USA : déclin du nombre de puits et accumulation de stocks Les producteurs indépendants de schiste ont été plus sensibles aux fluctuations de prix. Le graphique ci-dessous nous montre que la production diminue en 2015 mais reste tout de même élevée au-dessus des niveaux observés 5 ans auparavant. Graphique de la production de pétrole brut des Etats-Unis (en millions de barils / jour) 2010-2015 Source : Bloomberg, Décembre 2015 Le déclin important du nombre de puits aux Etats-Unis passant de 1900 en novembre 2014 à moins de 800 en novembre 2015 devrait déprimer davantage la production en 2016 mais les stocks de pétrole WTI restent obstinément élevés. Inventaires hebdomadaires de pétrole WTI et nombre de derricks Source : Bloomberg, Décembre 2015. La croissance chinoise La peur qui prévaut sur les marchés résulte d’une offre plus importante et d’une demande plus faible, notamment de la part de la Chine, ce qui suggère un ralentissement de la croissance mondiale. Le graphique ci-dessous montre une tendance croissante pour les importations de pétrole chinoises, ce qui laisse supposer de prime abord que la demande monte. Malheureusement, l’analyse de la demande réelle n’est pas si évidente car nous ne savons spas de manière précise quelle proportion de ces importations correspond à une opportunité d’achat à coût faible. Importations chinoises de pétrole brut (en tonnes métriques) Source : Bloomberg, Décembre 2015. Le positionnement des fonds spéculatifs Les positions non-commerciales sur futures (c’est-à-dire les spéculateurs incluant les hedge funds) à fin décembre 2015 sont les plus orientées à la baisse depuis mars. Cela fait sens puisque les prix sont de retour sur leurs niveaux de mars. Le graphique ci-dessous montre que les positions sur futures non-commerciales étaient à leur plus haut en juin 2014 quand le prix du pétrole était sous les 110 dollars, niveau observé un an plus tôt. Cela signifie que les prix se sont retournés quand nous avons atteint un paroxysme de l’optimisme. Inversement, à la baisse, il faudrait théoriquement un paroxysme de pessimisme afin qu’un point bas puisse un jour se matérialiser. Positions non-commerciales sur les futures pétrole brut (CFTC-NYME) Source : Bloomberg, Décembre 2015. NOK et CAD, les devises estampillées « pétrole » La combinaison pétrole déprécié et dollar fort a engendré un effet néfaste sur les monnaies des pays exportateurs de pétrole membres du G10. L’impact a été plus lourd encore pour la Russie et pourrait amener l’Arabie Saoudite à abandonner l’indexation du riyal au dollar. Graphique 2015 du rouble russe et du dollar canadien. Source : Bloomberg, Décembre 2015. Prévoir un plancher pour le pétrole peut s’avérer risqué. Le prix plongera avant qu’une explication soit trouvée. Pour le moment, avec les pays membres et non membres de l’OPEP qui extraient tout ce qu’ils peuvent, une économie chinoise qui ralentit et un dollar américain qui apparaît plus fort suite à la hausse de taux de la Fed, les perspectives restent baissières pour l’or noir. Par Jasper Lawler, Analyste CMC Markets Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.fr Les informations fournies présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication. 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