La méthode des Discounted Cash Flow permet de valoriser une entreprise en prenant en compte dès aujourd’hui sa rentabilité future. Voici comment appliquer cette méthode en 4 étapes.

Dans le cadre d’une levée de fonds, d’une introduction en bourse, ou bien lors du rachat ou de la cession d’une entreprise, une valorisation de cette dernière est nécessaire. Pour ce faire, plusieurs méthodes existent. L’une d’elle, la méthode des Discounted Cash Flow (DCF) actualise les revenus futurs afin d’estimer la valeur de l’entreprise.

Les étapes pour valoriser une entreprise grâce à la méthode DCF

1 - Identifier les flux de trésorerie à actualiser

À partir d’un business plan, l’analyste identifie les flux de trésorerie disponibles correspondant au résultat d’exploitation (après imposition mais avant frais financiers) auquel s’ajoutent les dotations aux amortissements, et se retirent les variations du besoin en fonds de roulement ainsi que les investissements réalisés sur la période.

2 - Déterminer le taux d’actualisation

Le taux utilisé pour actualiser les flux de trésorerie disponibles correspond au coût moyen pondéré du capital. Ce dernier dépend de la rentabilité exigée par les apporteurs de capitaux pour financer l’entreprise, que ce soit par la dette ou par les fonds propres.

La précision du taux d’actualisation est un élément crucial de la méthode DCF car une faible variation de ce dernier peut vite avoir de fortes conséquences sur le calcul de la valorisation de l’entreprise. Il est généralement conseillé d’effectuer un test de sensibilité afin de mesurer l’impact d’une variation du taux d’actualisation sur la valorisation calculée. Toutes choses égales par ailleurs, plus la variation de valorisation sera faible, plus l’évaluation sera précise.

3 - Choisir l’horizon temporel

Un horizon temporel trop court conduit à ignorer une partie de l’information disponible, à l’inverse un horizon trop long revient quant à lui à estimer des flux difficilement prévisibles.

4 - Calculer la valeur terminale de l’entreprise

Afin de prendre en compte l’activité de l’entreprise au-delà du business plan, on ajoute au calcul de la valorisation la valeur terminale de l’entreprise. Cette dernière peut notamment être évaluée grâce à la formule de Gordon et Shapiro qui détermine la valeur terminale à partir de la dernière prévision de flux effectuée dans le business plan et d’une hypothèse concernant le taux de croissance à l’infini.

Afin que la valorisation soit réaliste, il est nécessaire qu’à la période de calcul de la valeur terminale, la rentabilité économique de l’entreprise soit proche de son coût du capital. Si tel n’est pas le cas, il est pré férable d’étendre l’horizon du business plan.

Les avantages et inconvénients de la méthode DCF

La méthode DCF présente l’avantage de prendre en compte dès aujourd’hui la rentabilité future de l’entreprise. Il s’agit cependant d’un modèle très sensible aux hypothèses posées notamment celle relative à la valeur terminale. Il convient donc de s’assurer que le taux de croissance à horizon lointain avoisine le taux de croissance moyen de l’économie dans laquelle l’entreprise évolue.

D’autres méthodes de valorisation comme la méthode des multiples ou la méthode d’évaluation « actif par actif » permettent d’obtenir d’autres points de repère. Les valorisations réalisées par l’intermédiaire des différentes méthodes peuvent alors être mises en parallèle afin de bénéficier d’une information la plus complète possible.