S’il est un « produit » qui incarne la révolution industrielle née au XIXe siècle avec l’invention du moteur à explosion, c’est bien l’automobile. Et qui dit moteur à explosion dit pétrole. Mais après plus d’un siècle de domination, allons-nous assister à la disparition de la voiture à pétrole ? Si oui, quel serait alors l’impact de la démocratisation du marché des véhicules électriques sur le cours du baril ? Faut-il alors monter au capital des constructeurs de voitures électriques et délaisser les majors pétroliers ?

En 2017, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les ventes de véhicules électriques représentent un peu moins de 1% des ventes mondiales totales pour un parc automobile mondiale d’un peu plus d’un milliard de véhicules.

Jusqu’à aujourd’hui, le marché de l’électrique était freiné par trois contraintes principales : un prix d’entrée élevé, une autonomie limitée et un manque de bornes de recharge. Or désormais, l’Inde et la Chine travaillent sur des modèles de véhicules « low cost » dont le prix serait compris entre 3 000 et 7 000 dollars. Le marché est également soutenu par des règlementations contraignantes dans la mesure où l’Inde, la Norvège, la Hollande et bientôt la Chine vont interdire la vente de voitures à essence ou diesel. Pour rappel, Paris a annoncé l’arrêt des ventes de voitures à essence et diesel pour 2040.

Il se pourrait donc qu’à terme les véhicules électriques supplantent les véhicules à pétrole. Ceci dit, dans les prochaines années, la part des véhicules électriques devrait rester marginale. Selon l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), dans son rapport « Global EV Outlook 2017 » publié en Juin 2017, le parc mondial de véhicules électriques aura décuplé entre 2015 et 2022, passant de 1,3 millions à 15 millions. Mais il ne représentera encore qu'une goutte, en matière d'économie de pétrole. Pour sa part, dans son rapport annuel sur les différents scenarii énergétiques à long terme, le britannique BP annonce un parc de 100 millions de véhicules électriques en 2035.

Toujours en matière de prospectives, l’AIE a calculé dans son dernier rapport de Juin 2017, que 150 millions de véhicules en 2040 auraient un impact limité sur la consommation de pétrole à 1,3 million de barils par jour (soit moins de 1 % du total mondial). Et dans son scénario le plus optimiste, qui mise sur 715 millions de véhicules électriques en 2040, l’impact serait de 6 millions de barils par jour (Mb/j) sur la consommation de pétrole, qui atteindrait encore 73 Mb/j. L’impact devrait donc être relativement faible et ce même si, dans une note d’Octobre 2016 publiée par l’agence de notation Fitch, le véhicule électrique est qualifié de « menace sérieuse pour les compagnies pétrolières ».

Mais pour Amin Nasser, le PDG de Saudi Aramco, le véhicule électrique n'est pas près de menacer le pétrole et ce même si le transport absorbe aujourd'hui 55 % de la consommation de pétrole brut. « Il y a aujourd'hui 1,2 million de véhicules électriques dans le monde, pour une flotte mondiale de 1,2 milliard. Selon les prévisions, leur nombre passera à 150 millions en 2040, mais la flotte mondiale atteindra alors 2 milliards, soit en gros une pénétration de 8 % du marché des véhicules légers », a-t-il déclaré, rappelant en outre que 30 % de la consommation de pétrole était absorbée par les camions, les avions et les navires, et 15 % par la pétrochimie.

Mais malgré ces réflexions plus qu’optimistes de la part des pétroliers, il est tout de même intéressant de noter que ces derniers semblent être entrés dans une phase de réflexion visant à mailler les grands axes routiers mondiaux de recharges électriques dans les stations-service.

Ainsi, bien que la tendance soit au tout électrique, la menace sur le cours du pétrole WTI semble donc éloignée. Il est également intéressant de noter que jusqu’en 2022, selon l’AIE, un véhicule à batteries sur deux sera hybride, donc consommera encore des hydrocarbures. C’est entre autre, la raison pour la laquelle les analystes de l’Institution tablent sur un baril restant dans la fourchette de 50 à 60 dollars d’ici 2022. Les majors pétroliers devraient donc avoir de beaux jours devant eux. Cela étant, il n’est pas interdit de penser qu’à terme l’Amérique Latine et ses réserves de lithium pourraient supplanter le pétrole du Moyen-Orient.

 

Évolution du CFD à risque limité Tesla Motor Inc - Données journalières sur 3 ans

 

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Source : CMC Markets, Plateforme Next Generation au 19/09/2017. Performances nettes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Graphiquement, le titre Tesla Motor Inc. est dans une tendance haussière depuis décembre 2016. À court terme le titre butte sur un support à 337,5 (en vert sur le graphique) et une résistance à 386,5 (en rouge sur le graphique). Le titre devra nécessairement s’affranchir de cette résistance pour envisager un nouveau potentiel de progression et donc s’appuyer sur des actualités microéconomiques créatrices de valeur.

Fondamentalement la valeur ne présente pas une solidité financière et comptable intéressante. En effet, d’après le rapport financier publié par l’entreprise le 28 Juillet dernier, malgré une hausse de son chiffre d’affaires au premier semestre 2017 de 109% à 4 milliards de dollars, la société américaine ne parvient toujours pas à dégager des marges d’exploitation positives. Elle affiche une génération de trésorerie disponible (« free cash-flow ») négative à hauteur de 1,8 milliard de dollars au S1 2017. En cinq ans, la société a cumulé 2,3 milliards de dollars de pertes. Ceci étant, la capitalisation boursière de 63,3 milliards de dollars (10 fois le chiffre d’affaires) est nettement supérieure au 56,7 milliards de dollars de General Motors.                 

Par Louis-Antoine Michelet, Analyste Marchés pour CMC Markets

 

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