Développée par l’économiste américain Eugène Francis Fama, l’Hypothèse d’efficience des marchés suppose que les titres financiers s’échangent en permanence à leur juste valeur. En d’autres termes, les prix représenteraient à tout moment l’ensemble de l’information disponible.

Est-il vraiment possible de battre le marché ? Depuis 1900, cette question agite le monde académique et divise les professionnels de la finance. Introduite par le mathématicien français Louis Bachelier, l’Hypothèse d’efficience des marchés (HEM) propose trois options : l’efficience faible, l’efficience semi-forte, et l’efficience forte.

Rappels sur l’Hypothèse d’efficience des marchés

Développée par l’économiste américain Eugène Francis Fama, l’Hypothèse d’efficience des marchés suppose que les titres financiers s’échangent en permanence à leur juste valeur. En d’autres termes, les prix représenteraient à tout moment l’ensemble de l’information disponible. Il serait impossible d’acheter une action sous-valorisée ou de vendre une action survalorisée, et il serait donc impossible de battre le marché dans la durée.

La sélection d’actions précises (stock picking) ou la recherche de moments appropriés pour entrer puis sortir de position (market timing) ne seraient d’aucune aide, car seul l’accès à une information non publique pourrait permettre de générer de l’alpha dans la durée (i.e de battre le marché de façon durable).

L’obtention d’un rendement supérieur au taux sans risque serait bien évidemment possible, mais celle-ci résulterait toujours d’une plus grande prise de risque. Le rendement supérieur au taux sans risque par unité de risque resterait quant à lui identique quelle que soit la stratégie utilisée.

Bien que parfois critiquée, l’Hypothèse d’Efficience des Marchés occupe une place prépondérante dans le panthéon de la littérature financière. Aujourd’hui, les débats consistent à déterminer sous quelle forme cette hypothèse se vérifie…

Efficience faible, semi-forte, ou forte ?

L’hypothèse la moins contraignante s’appuie sur l’idée d’une efficience faible des marchés financiers. Dans ce scénario, les prix des actifs financiers reflètent toute l’information passée disponible et l’analyse des variations de prix passées ne permet pas d’anticiper les variations de prix à venir. Le recours à l’analyse technique est inutile, bien que le recours à l’analyse fondamentale puisse être utile. Certaines anomalies peuvent être présentes, mais les acteurs du marché sont dans l’incapacité d’en profiter de façon systématique.

La deuxième hypothèse repose sur l’idée d’une efficience semi-forte des marchés financiers. Dans ce scénario, les prix des actifs financiers reflètent également toute l’information passée disponible, mais les prix s’ajustent très rapidement et sans biais à la parution de nouvelles informations. Cette fois, l’analyse technique et l’analyse fondamentale sont toutes les deux inutiles.

Dans ces deux premières hypothèses, les acteurs ayant accès à une information non publique (les initiés) sont en capacité de battre le marché bien que cela soit un délit pénalement répréhensible.

Enfin, dans la troisième et dernière hypothèse, nous sommes en présence d’une efficience forte des marchés financiers. Ici aussi les prix des actifs financiers représentent l’ensemble de l’information disponible, mais cette fois ils intègrent également l’information privée, non disponible publiquement. Dans cette situation, même les initiés ne sont plus en mesure de battre le marché.

Plusieurs critiques remettent en cause l’Hypothèse d’efficience des marchés. La finance comportementale pointe du doigt certaines anomalies de marché. D’autres s’interrogent sur les performances durables obtenues par certains investisseurs vedettes tels que Warren Buffet. À vous de juger !