Souvent cités dans l’actualité des marchés financiers, les taux interbancaires jouent un rôle prépondérant dans la valorisation de très nombreux produits financiers. En raison de ce rôle central, leur manipulation par certaines banques au début des années 2000 reste à ce jour le plus grand scandale financier du XXIème siècle.

Définition et sémantique des taux interbancaires

Un taux interbancaire offert, ou Interbank Offered Rate (IBOR), correspond au taux auquel deux banques de première catégorie se prêtent de l’argent sans qu’une garantie soit nécessaire (prêt en blanc). Bien que ces prêts en blanc représentent un volume relativement faible, ils constituent pourtant un socle indispensable à la valorisation de très nombreux produits financiers dérivés.

Le plus souvent composés d’une première lettre indiquant la place boursière de référence et du suffixe « ibor », ces taux interbancaires offerts peuvent être communiqués pour différents ensembles bancaires.

Aux rangs des taux interbancaires offerts les plus connus se trouvent le LIBOR calculé à Londres avec les banques britanniques, l’Euribor calculé à Bruxelles avec les banques européennes, ou encore le Tibor calculé à Tokyo avec les banques japonaises. Le PIBOR calculé à Paris, le FIBOR calculé à Francfort, et l’AIBOR calculé à Amsterdam ont certes disparu avec le passage à l’euro, mais il existe encore plusieurs dizaines de taux en « OR » de par le monde.

Pour le seul indice EURIBOR calculé auprès de 20 banques, il existe une quinzaine de taux différents en fonction de la maturité considérée (de 1 semaine à 1 an). Exception sémantique, l’EONIA concerne les mêmes banques, mais uniquement pour les prêts effectués au jour le jour.

Des taux au cœur du plus grand scandale financier du XXIème siècle

Révélés en 2012, les affaires « Euriborgate » et « Liborgate » font référence à la manipulation des taux interbancaires organisée par certaines grandes banques.

En augmentant artificiellement les taux d’intérêt déclarés et transmis pour le calcul, les banques gonflaient leurs marges sur les produits financiers dérivés dont la valeur était indexée sur l’EURIBOR et le LIBOR.

Problème, au-delà de la sphère financière, la valeur d’un très grand nombre de produits financiers utilisés par les particuliers rentre elle aussi dans cette équation, les souscripteurs de crédits immobiliers ou de crédits à la consommation étaient donc pénalisés eux aussi.

Suite à la crise de 2008, pour renforcer leur image et présenter une bonne santé financière, certaines banques se sont alors livrées à la manipulation inverse. Il s’agissait cette fois de diminuer artificiellement ces taux interbancaires afin de donner une impression de grande confiance entre banques de première catégorie.

Pour tourner la page de ces manipulations, banques commerciales, banques centrales, et régulateurs ont envisagé de nouvelles méthodes de calcul non déclaratives (basées sur des transactions réelles).

Au Royaume-Uni, le régulateur financier (FCA) souhaite voir disparaître le LIBOR avant 2022 afin de le remplacer par le SONIA, un taux calculé sur des transactions réelles. Sur le continent européen, la Banque Centrale Européenne pourrait quant à elle proposer sa propre alternative dès 2020.

 

Ces informations sont produites par CMC Markets. Elles présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication Ces informations vous sont fournies à titre indicatif et pourraient ne pas être actualisées. Elles peuvent être amenées à changer sans avertissement pré alable. Les anticipations, projections ou objectifs mentionnés sont présentés à titre indicatif et ne sont en aucun cas garantis. CMC ne saurait être tenu responsable s’ils n'étaient pas réalisés ou atteints.