Le spread obligataire mesure la différence de rendement entre deux obligations d’États ou d’entreprises. Il évolue proportionnellement aux craintes des investisseurs.

Les marchés financiers sont versatiles. De l’euphorie à la panique, de l’enthousiasme au désenchantement, leur quotidien s’écrit au fil de leurs sautes d’humeur. Au milieu de ce tumulte, les investisseurs peuvent heureusement compter sur un précieux repère : le spread obligataire, véritable baromètre des marchés financiers.

Quelques rappels sur les différents spreads

En finance, un spread désigne un écart entre deux taux ou deux indices. Il est exprimé en points de base.

Ce terme peut donc être employé pour désigner la commission prévue par l’offre de courtage de votre intermédiaire financier, pour désigner la différence entre les meilleurs prix d’achat et de vente disponibles dans un carnet d’ordres, mais aussi et surtout pour mesurer la différence de rendement entre deux obligations d’États ou d’entreprises.

Toutes choses égales par ailleurs, plus le risque de défaut perçu par les investisseurs est élevé, plus le taux obligataire est élevé, et inversement. Comparer le spread de deux obligations similaires permet donc de comparer le niveau de risque implicite de deux émetteurs.

Lorsqu’un des deux émetteurs est une référence jugée sûre et sans risque, le spread représente alors la prime de risque du deuxième émetteur, c’est-à-dire la rémunération exigée par les investisseurs en contrepartie du risque de non remboursement de leur investissement.

L’impact des spreads obligataires sur l’économie

Pour se financer sur le marché obligataire, les États comme les entreprises émettent des obligations sur un marché primaire. Les taux d’intérêt dont ils bénéficient dépendent alors directement des taux obligataires du marché secondaire. Plus un émetteur est jugé solvable par le marché, plus il bénéficie de conditions de financement avantageuses.

En période de prospérité économique et de stabilité financière, les spreads obligataires ont tendance à se réduire. Les « mauvais payeurs » bénéficient alors de conditions de financement proches de celles des « premiers de la classe ».

En revanche, dès que la défiance fait son retour sur les marchés financiers, les spreads obligataires se tendent à nouveau, car les investisseurs délaissent les émetteurs les plus fragiles pour déplacer leurs investissements vers les émetteurs les plus solides. Ce phénomène est connu sous le terme anglais de « fly-to-quality », que nous pouvons traduire par « fuite vers la qualité ».

En zone euro, le Bund émis par l’Allemagne, première puissance économique du continent, fait office de référence pour calculer la prime de risque des autres pays membres. Ainsi, le spread entre le Bund allemand et l’OAT français à 10 ans est un bon indicateur pour suivre le risque de crédit implicite de l’État français à un instant T, mais également pour suivre son évolution au fil du temps.

Enfin, les investisseurs peuvent aussi s’intéresser à l’écart de rendement entre deux obligations d’un même émetteur mais ayant des échéances différentes, par exemple à 5 et 10 ans. L’évolution de ce spread obligataire permet alors de suivre l’évolution et la pentification de la courbe des taux.

 

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