Séquence morose pour les places boursières européennes. Les indices ne progressent plus depuis quelques séances, dans des volumes d’échanges relativement faibles (autour de 3 milliards d’euros par séance sur le Cac 40). La correction des marchés – l’indice Eurostoxx50 a concédé -2,25% sur les cinq dernières séances – s’explique par des statistiques macroéconomiques contrastées. Aux Etats-Unis, les dépenses de consommation des ménages ont déçu, avec une progression de 0,2% au mois de mai contre 0,4% attendu. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué moins fortement que prévu, avec un reflux de 2 000 inscriptions (à 312 000) contre 5 000 espéré. En Europe, la France est pénalisée par un taux de chômage toujours élevé, à un peu plus de 10%. En revanche, l’Espagne et le Royaume-Uni se sont distingués par des chiffres encourageants, avec respectivement, une progression de 1% des ventes de détail en mai et de 0,8% du PIB en mai. Les investisseurs ont également réagi négativement aux propos de James Bullard, membre de la Réserve Fédérale, qui a apporté quelques précisions, jeudi dernier, sur le probable calendrier du resserrement monétaire américain. Selon lui, La FED devrait vraisemblablement remonter ses principaux taux directeurs au premier trimestre 2015. Cette hausse de taux fait craindre aux investisseurs une moindre rentabilité des actions, dont le couple rendement/risque restait bien plus avantageux ces dernières années que celui des classes d’actifs réputées « sans risque », comme les produits monétaires ou obligataires. La remontée des taux directeurs aux Etats-Unis n’est pas un facteur de risque La réaction quasi immédiate des marchés aux propos de James Bullard a été disproportionnée. La perspective d’une normalisation de l’environnement monétaire est légitime et inévitable, les marchés boursiers semblent tout à fait préparés au changement de cap de la banque centrale américaine. Même si quelques indicateurs récents ont pu décevoir, globalement, l’économie américaine reste bien orientée et l’inflation se rapproche de l’objectif de 2% de la FED. N’oublions pas que Janet Yellen, Présidente de la banque centrale, et son prédécesseur, Ben Bernanke, ont fait en sorte de préparer au mieux le resserrement monétaire pour que son impact soit le moins déstabilisant possible, tant pour les marchés actions que pour les taux longs. La diminution du « quantitative easing » s’est faite en douceur, mois après mois, tandis que le rehaussement des taux devrait se réaliser par palier, avec des augmentations de quelques dizaines de points de base seulement et séquencées dans le temps. La stagnation des marchés actions depuis le début du mois de juin, avec une certaine recrudescence de la volatilité, offre des points d’entrée aux investisseurs pour réexposer une partie de leur portefeuille à certaines valeurs dont les cours sont attractifs. C’est le cas en Europe, où les titres des secteurs financiers et cycliques présentent encore un fort potentiel de rattrapage. Entre la rationalisation des bilans des entreprises, de leurs structures de coûts et de leurs activités, et la politique plus accommodante de la Banque Centrale Européenne, le scénario haussier est à privilégier à moyen-long terme. Par Judith Danan, Head of Sales Trading de CMC Markets France