Les turbulences récentes n’auront été qu’une parenthèse. Après la déstabilisation boursière du début de semaine, qui a conduit au décrochage des marchés européens, la tendance haussière a repris le dessus.Des marchés plutôt résilients face aux chocs Les préoccupations des investisseurs concernant l’escalade des tensions géopolitiques en Crimée se sont assez rapidement apaisées, le risque d’un conflit militaire armé russo-ukrainien ayant quelque peu diminué (la situation politique de l’Ukraine est évidemment fragile et demeure un facteur de volatilité potentiel pour les marchés). Dans ces conditions, le CAC 40 a totalement effacé les pertes de la séance de lundi, pour franchir un nouveau palier à plus de 4 400 points (4 417 points atteints hier). Les plus-values de l’indice depuis le début de l’année reprennent de la consistance (+2,5% depuis le 1er janvier). A Wall Street, le S&P 500 vient de franchir un nouveau record historique (l’indice culmine à près de 1 880 points). Selon le « Sentiment Clients », baromètre du sentiment des clients de CMC Markets (plus de 45.000 dans le monde) et établi quotidiennement à partir de leurs positions réelles, les flux d’investissement sont aujourd’hui significativement vendeurs sur les indices Cac 40 (vendeurs à près de 71%) et S&P 500 (à 88%). Cette tendance correspond à des prises de bénéfices après la progression des derniers jours de ces deux indices. A contrario, le sentiment des investisseurs est acheteur sur les indices Dax (à 71%), Ibex 35 (à 55%) et Footsie (à 73%). Une reprise économique encore poussive en Europe Après la séquence ukrainienne, qui a suscité un bref regain d’aversion au risque, les intervenants du marché vont de nouveau scruter la teneur des données macroéconomiques et ce qu’elle induira en termes d’orientation des politiques monétaires des banques centrales. Aux Etats-Unis, le reflux des inscriptions hebdomadaires au chômage à un point bas de trois mois (à 323 000, pour la semaine du 1er mars, contre 349 000 une semaine auparavant) a permis de soutenir les indices. Le consensus table sur un taux de chômage autour de 6,6% pour le mois de février, reflet de l’amélioration progressive du marché de l’emploi américain depuis quelques trimestres. Dans ces conditions, la Réserve Fédérale n’a pas de raison majeure de modifier le rythme de réduction de ses achats d’actifs obligataires. La banque centrale devrait poursuivre son « tapering » de façon linéaire, tout en se montrant assez flexible dans le pilotage du resserrement des conditions monétaires. De son côté, à l’occasion de sa réunion mensuelle, la BCE a maintenu le statut quo en conservant son principal taux directeur à un niveau historiquement bas (0.25%). Attendue par les observateurs, cette (non) décision est en ligne avec la stabilité de l’inflation au mois de février (taux d’inflation à 0,8%). Les prévisions économiques de la Banque centrale tablent sur une croissance de la zone euro de 1,2% en 2014, contre 1,1% annoncé en décembre dernier, et sur une inflation en progression mais encore relativement modérée dans les prochaines années (de 1% cette année à 1,5% en 2016) Sans levier fort de croissance, l’inflation demeure assez éloignée de l’objectif de la BCE (2%). Qui plus est, le taux de chômage reste excessif en zone euro, tandis que les prêts au secteur privé, un bon indicateur du degré de confiance des agents économiques, sont en décroissance depuis deux ans. Un retournement significatif de cette tendance est peu envisageable dans les tout prochains mois. Ces perspectives somme toute modestes confirment que le redémarrage de l’économie du Vieux Continent reste assez poussif. Par Judith Danan, Head of Sales Trading de CMC Markets France