Ancrés à leurs sommets annuels en Europe, et à des niveaux historiques aux États-Unis, les marchés actions font preuve de stabilité. Maintenant que le risque de défaut américain est écarté à court terme, les intervenants du marché sont davantage attentifs aux publications de résultats des entreprises. De ce point de vue, les premiers résultats annoncés démontrent que les firmes américaines paraissent mieux positionnées que leurs homologues européennes, pour bénéficier de l’amélioration de l’environnement économique global. Le CAC 40 vient de clôturer sur une tonalité positive (+0,35%). Timide, cette progression qui intervient après la correction de la veille, doit beaucoup à la publication d’un indice PMI manufacturier chinois bien orienté : l’indice HSBC/Markit est ressorti à 50,9 points en octobre (soit un plus haut de sept mois), contre 50,2 le mois précédent, confirmant le dynamisme de la reprise économique dans le pays. Mais l’effet positif de cette publication a très vite été pondéré par des indices d’activité décevants en zone euro, dont on salue pourtant la sortie de récession. En zone euro, l’indice PMI Composite Markit a en effet montré des signes de ralentissement. Malgré un niveau supérieur à 50 qui indique une croissance de l’activité privée globale, l’indice est ressorti en repli en octobre par rapport au mois précédent (estimation à 51,5 contre 52,2 en septembre). Preuve que le scénario d’une reprise économique durable en Europe n’est pas encore assuré. Surtout les premières publications de résultats des entreprises européennes sont mitigées. Plusieurs valeurs phares de la cote française ont par exemple déçu les investisseurs. C’est le cas de Pernod-Ricard, dont la croissance des bénéfices devrait ralentir sur l’exercice 2013/2014, d’Essilor dont les ventes sont attendues en baisse en 2013 ou de Gemalto dont le chiffre d’affaires trimestriel est décevant. Le contraste est perceptible avec la vigueur des firmes américaines, qui surfent sur un retour à la croissance plus énergique outre-Atlantique. Wall Street a notamment salué les résultats de Ford, 3M, Colgate-Palmolive, AT&T. Dans ce contexte, l’indice Dow Jones se maintient au-dessus de la barre des 15 500 points. Ces niveaux inédits encouragent les investisseurs à transformer leurs gains en plus-values, sur les marchés U.S. Les investisseurs de CMC Markets sont d’ailleurs vendeurs à 50% sur l’indice. Même état d’esprit concernant le DAX, qui atteint aussi des points hauts absolus (+18% depuis le 1er janvier, niveau record à quelques encablures des 9 000 points) : les investisseurs privilégient les prises de bénéfices et se portent vendeurs à hauteur de 80% sur l’indice allemand. A contrario, l’euro, dont le cours semble pourtant excessivement surévalué par rapport au dollar, est soutenu par un mouvement acheteur significatif sur la parité EUR/USD. L’élargissement de l’écart de cours entre le pétrole Brent (à 107 USD) et le WTI new-yorkais (à 97 USD), après l’annonce surprise d’une hausse des stocks de brut aux USA, est propice aux arbitrages. Les investisseurs sont désormais acheteurs à 92%, du baril de pétrole coté à Londres.