Somme toute logiques, les annonces de la FED ont jeté un coup de froid sur les marchés boursiers. Le resserrement progressif des conditions monétaires ne devrait pas impacter les actifs boursiers outre mesure. Les marchés boursiers restent perplexes après les annonces de la Réserve Fédérale américaine. A l’occasion de la réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale, mercredi, la Présidente de l’institution a dévoilé les intentions de la FED. Et le cap fixé se précise quelque peu. Sans surprise, la Fed poursuit dans la voie de la diminution graduelle de son « quantitative Easing », avec un rythme d’achats d’actifs mensuel ramené à 55 milliards de dollars (contre 65 précédemment). Mais surtout, Janet Yellen s’est affranchie de sa réputation jusqu’ici très « accommodante » en durcissant le ton : en suggérant un resserrement monétaire à partir du printemps 2015, qui se concrétiserait par le tout premier relèvement du principal taux directeur depuis 2006, la patronne de la FED a clairement indiqué que la normalisation de l’environnement monétaire était bel et bien enclenchée. Plus question d’offrir des conditions monétaires hautement expansionnistes, par nature exceptionnelles, aux marchés financiers, alors même que l’économie nord-américaine retrouve une dynamique soutenue. Qui plus est, le programme de rachats d’actifs de la FED devrait s’éteindre définitivement à l’automne prochain. Alors que les indices boursiers restent exposés au regain de volatilité en raison des tensions politiques entre la Russie et l’Occident et du ralentissement économique des pays émergents, ces nouvelles orientations monétaires semblent avoir pris de court les investisseurs même si ce scénario somme toute logique était anticipé depuis plusieurs mois. Le coup de froid jeté sur les marchés, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, ressemble davantage à une sur-réaction qu’à un profond mouvement d’inquiétude quant aux perspectives, à moyen terme, d’évolution des actifs boursiers. La correction consécutive à l’annonce de la FED résulte surtout d’une déception par rapport au calendrier du resserrement monétaire auquel pouvaient s’attendre les investisseurs. Mais les quelques mois de moins dont ils disposent pour se réhabituer à un contexte de marché où la progression des actifs va redevenir autonome, sans soutien artificiel, ne peuvent pas être considérés comme un facteur de déstabilisation ou un catalyseur baissier. Les investisseurs vont très vite digérer cette annonce et se reconcentrer sur les fondamentaux des marchés boursiers, en particulier les perspectives de croissance bénéficiaire des entreprises, dans une économie mondiale à la croissance moins vigoureuse, mais probablement mieux équilibrée. Selon le « Sentiment Clients », baromètre du sentiment des clients de CMC Markets (plus de 45.000 dans le monde) et établi quotidiennement à partir de leurs positions réelles, on observe une inversion de tendance sur les indices Cac 40 et Dow Jones. Les flux d’investissement sur ces deux indices sont aujourd’hui acheteurs (à respectivement 62% et 71%), alors que les investisseurs restaient à l’écart la semaine passée. Ce mouvement confirme que ces derniers profitent de nouveaux points d’entrée à des cours plus attractifs. A contrario, les flux sont vendeurs sur le DAX (à 53% contre 80% à l’achat la semaine passée). Sur le Forex, les investisseurs restent optimistes quant à l’appréciation du dollar. Ils vendent massivement l’EUR et le GBP contre l’USD (flux vendeurs à près de 80%). Le billet vert profite de la perspective d’un tour de vis monétaire (favorable à une remontée mécanique du dollar) et se maintient non loin d’un pic de deux semaines face à un panier de devises internationales. Par Judith Danan, Head of Sales Trading de CMC Markets France