Sponsorisé par la Réserve fédérale de Kansas City, ce 37ième symposium économique de Jackson Hole sera l’occasion pour les grands argentiers de la planète d’exposer leurs idées sur l’avenir des politiques monétaires.

En ce jour du 23 août 2018, les plus éminents des banquiers centraux affluent des quatre coins de la planète pour se retrouver dans la prestigieuse station de ski de Jackson Hole située au cœur des montagnes du Wyoming aux États-Unis.

Sponsorisé par la Réserve fédérale de Kansas City, ce 37ième symposium économique de Jackson Hole sera l’occasion pour les grands argentiers d’exposer leurs idées autour d’une thématique plutôt technique : « Changing Market Structure and Implications for Monetary Policy ».

La pré-rentrée des banquiers centraux

En cette fin d’été, l’heure ne sera pas aux grandes annonces mais les petites phrases lâchées çà et là seront suivies de près par des investisseurs à la recherche du moindre indice sur l’avenir des politiques monétaires des principales zones économiques mondiales.

À quelques jours de la rentrée, un trio centralisera toutes les attentions, celui formé par le président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi, par le président de la Banque Centrale du Japon Haruhiko Kuroda, et par le président de la Réserve Fédé rale américaine Jerome Powell.

Pour son tout premier discours à Jackson Hole, Jerome Powell devrait en profiter pour défendre sa politique monétaire et pour affirmer son indépendance vis-à-vis du pouvoir présidentiel. Au cours des dernières semaines, « peu emballé » par la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, le président Donald Trump n’a pas hésité à sortir de son devoir de réserve pour commenter la politique monétaire américaine. Point culminant du symposium, l’intervention prévue vendredi matin sera certainement l’occasion pour Jerome Powell de présenter les garanties de sa totale impartialité.

Quelle place pour les devises émergentes ?

La très bonne santé de l'économie américaine et la force du dollar contrastent avec les difficultés monétaires actuellement rencontrées par les pays émergents. La Turquie, le Venezuela ou encore la Russie souffrent du retour en force du billet vert. Malheureusement pour eux, si du temps de Janet Yellen ce risque d’instabilité aurait amené la Réserve fédérale américaine à retarder sa remontée des taux, le protectionnisme voulu par Donald Trump conduit la plupart des analystes à anticiper une poursuite de la remontée graduelle des taux d’intérêt américains dès septembre, et ce quelles qu’en soient les conséquences pour les pays émergents.

La guerre commerciale en filigrane

Au-delà des discours et des prévisions économiques et monétaires, les tensions commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires ne seront jamais bien loin. Si les tensions avec l’Union européenne s’apaisent quelque peu, les tensions avec la Chine ou la Russie sont encore bien présentes. La frontière entre guerre commerciale et guerre monétaire n’étant pas si large, il sera intéressant de suivre les possibles références aux conflits en cours.

À l’occasion des rendez-vous annuels de Jackson Hole, les banquiers centraux ne sont d’ailleurs pas les seuls invités. Ministres des finances, personnalités du monde académique et acteurs clefs du monde de la finance sont eux-aussi amenés à participer (avec une moyenne de 120 participants pour ces rencontres organisées depuis 1981).

Le programme détaillé de cet évènement sera publié à l’occasion du discours d’ouverture et de nombreuses publications académiques en lien avec la thématique devraient également être dévoilées afin de profiter de cette fenêtre médiatique éphémère.