L’euro semble être sur le bon cap pour une deuxième baisse successive de 10% sur les deux dernières années. Début 2014 l’euro cotait 1,37 avant de chuter juste au-dessus des 1,20 en fin d’année. Alors que nous sommes fin 2015, nous nous dirigeons vers une nouvelle baisse de 10%, avec des spéculations selon lesquelles nous pourrions bien assister à plus de dépréciation en direction de la parité et des niveaux pour la dernière fois observés en 2002. Le point bas de 2015 est actuellement de 1,0460 et malgré un bref rebond à 1,1700 en août, l’euro a passé la plupart du temps sous 1,1100 sur les deux derniers mois, faisant rejaillir les spéculations autour d’un cours sous les 1.0800 ainsi qu’une nouvelle tentative vers les supports de Mars 2015 et ainsi jusqu’à la parité. Les spéculations selon lesquelles nous pourrions assister à davantage d’assouplissement de la politique monétaire (QE) de la part de la Banque Centrale Européenne (BCE) et à un autre relèvement de taux aux Etats-Unis, ont entraîné une hausse du dollar, creusant les différentiels de taux d’intérêt entre les deux monnaies, à tel point qu’il est difficile de trouver quelqu’un qui pense que nous ne verrons pas en 2016, une autre fissure vers la parité. Il est certainement difficile d’argumenter contre la logique d’un élargissement supplémentaire des différentiels de taux d’intérêt, mais n'oublions pas que celui-ci est basé sur le principe d’au moins 2 à 3 autres hausses de taux par la Réserve Fédérale Américaine (Fed) ainsi que d’un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire de la BCE. Alors que les deux issues semblent plutôt convaincantes, la réalité est susceptible d’être plus dure à mettre en pratique comme Mario Draghi (Président de la BCE) a pu le découvrir à ses dépens lors de la dernière réunion de la BCE en décembre, bien qu’il puisse se satisfaire du fait que la BCE ait accomplie sa part de la tâche en favorisant les conditions pour un rebond de l’activité économique en 2015. Il pourrait trouver la donne plus compliquée en 2016 à la vue des derniers événements. Dans les semaines qui ont précédé la dernière réunion de la BCE, M. Draghi a amené le marché à croire que la BCE enclencherait un stimulus significatif. Il n’a finalement pas été en mesure de tenir ses promesses à cause d’un noyau grandissant de contestation parmi des décideurs plus ou moins influents au sein de la BCE avec en toile de fond une économie européenne en amélioration. Effectivement, en Irlande, tête d’affiche actuelle de l’austérité en Union Européenne, le produit intérieur brut (PIB) croît à un rythme de 6% annualisé. L’argument du besoin d’une hausse de taux plutôt que d’un stimulus additionnel en Irlande pourrait donc être avancé. Il n’y a pas de doute que les perspectives pour l’économie européenne sont meilleures qu’elles ne l’étaient au début de 2015, suite au début de l’assouplissement quantitatif (QE) de mars de 60 milliards d’euros par mois, censé se terminer en mars 2017 et qui englobe désormais des achats de dettes de gouvernements locaux et de villes. S’il y a quelque chose que cet élargissement des avoirs disponibles à l’achat met en lumière, c’est la faiblesse fondamentale du programme d’achat de la BCE, lequel, pour faire simple, manque d’actifs disponibles à l’achat ; l’Allemagne, en particulier, émettant moins de dette gouvernementale. Il est également discutable de savoir si c’est la faiblesse de l’euro qui a agi comme un bonus fiscal, ce que croient de nombreux décideurs, ou si la baisse du prix du pétrole a été le catalyseur de la plus grosse part du rebond de l’activité économique constaté depuis les plus bas de mars. En 2016, beaucoup va dépendre de la capacité de la Fed à rehausser davantage ses taux. Alors que la position des membres votants du Federal Open Market Committee (FOMC) l’année prochaine sera certainement plus agressive, il est néanmoins incertain que la Fed soit en mesure de mettre en place plus d’une hausse de taux face à des prévisions d’inflation et de salaires à des niveaux continuellement bas. La Fed sera également réticente à pousser le dollar encore plus haut alors qu’a déjà été observée une appréciation de 25% sur les deux dernières années, ce qui a entraîné un ralentissement important de certains secteurs à forte valeur ajoutée de l’économie américaine. Avec une élection américaine qui se profile en novembre, toute hausse de taux devrait intervenir lors du premier semestre 2016 car la Fed sera réticente à se laisser entraîner sur le terrain politique alors qu’elle est déjà plus impliquée dans la politique économique américaine qu’elle ne le souhaiterait. Après deux années de baisses à 10% la parité sur l’euro-dollar est une idée fortement enracinée et suppose que les taux américains pourraient être 1% au-dessus de leur taux actuel et les taux européens beaucoup plus bas qu’actuellement. Alors que nous nous dirigeons vers 2016, il semble plus probable que l’euro trouve une base de court terme et se traite dans une fourchette entre 1.05 et 1.20 alors que les divisions au sein de la BCE rendraient possibles des mouvements de politique monétaire contraints et que la Fed pourrait ne pas tenir ses objectifs en 2016 de la même façon qu’en 2015. Par Michael Hewson, Analyste pour CMC Markets Les informations fournies présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication. Ces informations vous sont fournies à titre indicatif et pourraient ne pas être actualisées. Elles peuvent être amenées à changer sans avertissement préalable. Les anticipations, projections ou objectifs mentionnés sont présentés à titre indicatif et ne sont en aucun cas garantis. CMC Markets ne saurait être tenu responsable s’ils n'étaient pas réalisés ou atteints. 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