Chaque année, les analystes s’inquiètent de l’inflation de la dette étudiante américaine. En cette année 2019, le contexte économique et politique pourrait venir concrétiser leurs craintes.

Épicentre de la crise financière de 2008 avec leur dette immobilière, les États-Unis pourraient-ils de nouveau déstabiliser l’économie mondiale avec leur dette étudiante ? Une chose est sûre, le shutdown et certaines décisions de l’administration Donald Trump n’ont pas amélioré la situation financière des américains les plus endettés.

Le revers de la médaille du rêve américain

Estimés à plus de 1500 milliards de dollars, les prêts étudiants concerneraient plus de 40 millions d’américains. Parmi ces 40 millions d’emprunteurs, 8 millions seraient d’ailleurs déjà considérés comme insolvables. Une proportion qui ne cesse d’augmenter.

Certes, les dettes étudiantes ne représentent que 11% des dettes des ménages américains alors que les dettes immobilières représentent près de 68%. Seulement voilà, les dettes immobilières ont en garantie un bien immobilier, les dettes étudiantes quant à elles n’ont que la promesse de trouver un emploi, si possible bien rémunéré, ce qui n’est pas toujours le cas.

Aux origines de l’endettement étudiant

Pour permettre au plus grand nombre de ses citoyens d’accéder aux université s privées, le système éducatif américain avait d’abord fait le choix de miser sur de larges subventions publiques. Ces demandes subventionnées par l’État ont toutefois eu une conséquence collatérale : l’envolée des frais d’inscription (jusqu’à 70 000$/an).

À cette augmentation des frais de scolarité, il convient d’ailleurs d’ajouter une deuxième problématique pour expliquer la situation actuelle : le retrait progressif des subventions publiques.

Depuis plusieurs années, les subventions publiques sont en effet remplacées par des prêts privés aux taux d’intérêt bien plus élevés et aux garanties souvent plus réduites. Avec un taux annuel moyen de 4% dans le public, les mêmes étudiants peuvent voir leurs taux d’intérêt grimper de 10% lors de leur passage au privé.

Condamnés à s’endetter pour financer leurs études, certains américains réalisent à leur arrivée sur le marché du travail que les promesses d’embauche et de salaires faites par certaines universités sont parfois très éloignées de la réalité. Du diplôme payé à prix d’or ne reste alors que des mensualités difficiles à honorées.

Des défauts en série en 2019 ?

D’après le groupe de réflexion Urban Institute, 1 million d’américains feraient défaut chaque année. Pour l’année 2019 ce chiffre déjà particulièrement élevé pourrait être dépassé.

Parmi les causes probables d’une vague de défauts, il faut bien évidemment citer les retards de paiement dus au shutdown de l’administration américaine, mais également des causes plus profondes telles que la remontée des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, le retour de la volatilité sur les marchés financiers ou le ralentissement de la croissance économique.

Tel Sisyphe condamné à rouler sans fin son rocher vers le sommet d’une montagne, de nombreux étudiants américains sont aujourd’hui condamnés à rembourser sans fin les mensualités de leurs prêts étudiants… Si cette situation s’avère jusqu’ici particulièrement juteuse pour les banques américaines, ces dernières pourraient avoir à en payer le prix un de ces jours.

 

 

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