Les indices actions marquent une pause, alors que les négociations entre la Grèce et ses créanciers sont toujours dans l’impasse. Même si la situation des marchés financiers est très différente de celle de 2010-2012, quand le risque systémique menaçait l’ensemble de la zone euro, il faut s’attendre à de possibles corrections (boursière et obligataire) à mesure qu’approche la date du 30 juin. Le cas grec continue de monopoliser l’attention des investisseurs boursiers. Alors qu’un énième Eurogroupe se tient cet après-midi, la « partie d’échecs » entre Athènes et ses créanciers bat son plein, entre propositions, contre-propositions et postures politiques. En début de semaine les places boursières européennes avaient fortement rebondi, enthousiastes à l’idée d’un dénouement enfin possible dans le sillage d’intentions encourageantes. Depuis, pas d’avancée notable ! Les discussions techniques ont duré jour et nuit et semblent, pour l’heure, dans une impasse. Les partenaires-créanciers de la Grèce (BCE, FMI, UE) souhaitent la formulation de nouvelles propositions sur le projet de réforme des retraites grecques. Alors qu’Athènes avait imaginé reporter l’âge de départ en retraite à 67 ans à compter de 2025, les institutions internationales pressent le ministre des finances grec de revoir sa copie, pour avancer la date de la mise en œuvre de cette mesure à 2022. Réformes en Grèce : des divergences techniques Mais surtout, la divergence majeure porte sur la méthodologie employée pour réduire le déficit public du pays. Yanis Varoufakis défend une amélioration du budget de l’Etat par davantage de recettes fiscales. Si ce levier est effectivement exigé par les créanciers, ces derniers estiment qu’un effort supplémentaire doit aussi et surtout être consenti sur le plan des coupes budgétaires. Pour le FMI en particulier, la fin de certaines subventions et la réduction du budget militaire grec sont des choix nécessaires pour rééquilibrer les comptes publics. D’après les récentes déclarations de la présidente du fonds monétaire international, Christine Lagarde, « la seule promesse d’une meilleure collecte de l’impôt, avec très peu de résultats » ne suffit plus. Confrontée à l’échéance de remboursement de 1,6 milliards d’euros au FMI d’ici le 30 juin (puis de 3,5 milliards d’euros à la BCE au 20 juillet), la Grèce risque donc de se retrouver en défaut de paiement dans une semaine. L’enjeu de l’Eurogroupe est, une fois de plus, de tenter d’aboutir à une convergence des positions des différentes parties pour débloquer l’extension de l’assistance financière au pays. Vers un regain de tension sur les taux souverains européens périphériques ? Du point de vue des marchés financiers, la prudence actuelle des investisseurs pourrait très vite se transformer en nervosité. Une phase de correction marquée, tant sur les actions que sur les actifs de taux (depuis quelques mois, les traditionnelles propriétés de décorrélation entre ces actifs n’opèrent plus), n’est pas à exclure si les négociations sur la Grèce continuent à patiner. Au cours des prochaines séances, il faut par exemple s’attendre à de nouvelles tensions potentielles sur les taux souverains, avec d’une part un mouvement de « flight to quality » favorable au repli du Bund allemand et, d’autre part, un écartement des spreads sur certains taux périphériques. Encore loin des points hauts atteints lors de la flambée au début de l’année 2012, le taux à dix ans grec qui s’établit à près de 11%, pourrait se tendre davantage. Dans son sillage, le taux portugais est, parmi les taux périphériques, celui qui semble le plus sensible à la fragilité grecque. Même si le risque de catastrophe systémique est aujourd’hui bien maîtrisé (grâce au soutien inconditionnel de la BCE et l’assainissement réalisé dans le système bancaire européen), la perspective d’un défaut grec aurait néanmoins un impact sur les conditions d’emprunt du Portugal, voire même de l’Espagne, des pays dont les capacités autonomes de refinancement restent plus limitées qu’en Italie ou en France (où l’épargne des agents privée est abondante). Sans compter la symbolique politique d’un « grexit », qui ouvrirait la voie à de nouvelles aspirations pour les autres partis contestataires, à quelques mois d’élections législatives en Espagne et au Portugal... Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.frCe commentaire présente un caractère purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers. CMC Markets ne saurait être tenu responsable quant à l'exactitude, la fiabilité, l'exhaustivité ou la pertinence de ces informations ou données.Les observations, analyses et conclusions qui en résultent sont basées sur des données graphiques de CMC Markets et non sur des données relatives aux instruments sous-jacents réels. L’utilisation de données graphiques a des limites et l’analyse technique n’est pas une science exacte. Nous vous recommandons d’utiliser ces données en complément d’autres supports/facteurs lors de votre prise décision de d’achat ou de vente. 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