Les indices européens continuent de corriger. Après onze mois d’un rally quasi ininterrompu, les marchés sont entrés dans une phase de consolidation. Ce coup d’arrêt, qui a déjà rogné un tiers des performances annuelles du CAC 40 en à peine deux semaines, peut-il renvoyer les indices du Vieux Continent à des niveaux bien plus bas ? Quelques signaux inquiètent les investisseurs boursiers. Après avoir concédé 5% depuis le début du mois, le CAC 40 s’est replié sous la barre de 4 100 points. Plusieurs valeurs ont été particulièrement pénalisées récemment, comme Peugeot, Renault, Technip, Orange, EDF ou Total. Le retour des incertitudes sur les dettes souveraines périphériques européennes pèse de nouveau sur les marchés. Les taux d’emprunt à dix ans de l’Espagne et de l’Italie se sont légèrement tendus, après que le Chef Economiste de la BCE a évoqué un risque de voir la supervision bancaire européenne, ainsi que les stress tests menés par l’Autorité Bancaire Européenne (EBA), pénaliser la détention de dette souveraine par les banques. En effet, pour répondre aux exigences de ces tests de résistance, les banques vont très certainement conserver les liquidités octroyées jusqu’ici par la BCE pour renforcer davantage leur bilan plutôt que de les redéployer pour augmenter leurs achats de dettes souveraines. Aussi, paradoxalement, l’hypothèse d’un possible resserrement monétaire plus tôt qu’attendu aux Etats-Unis, compte tenu de l’amélioration des indicateurs économique nationaux (chômage en recul à 7%, croissance du PIB estimé à 3,6% pour le troisième trimestre), semble préoccuper bien davantage les investisseurs européens que leurs homologues outre Atlantique Jusqu’ici, Wall Street résiste plutôt bien et reste solidement ancré à ses points hauts. Mais les investisseurs redoutent que les Bourses américaines consolident à leur tour après la remarquable progression qu’ont connue les indices Dow Jones, S&P ou Nasdaq depuis le 1er janvier. Ce scénario n’est pas à négliger. Toutefois la séquence actuelle ressemble surtout à une période de transition où les prises de bénéfices et les repositionnements à l’achat, sur des points d’entrée plus attractifs en Europe, se multiplient. Une inversion de tendance à moyen terme est peu envisageable et les marchés, très sensibles aux annonces concernant les politiques monétaires, devraient réagir positivement aux déclarations du président de la Réserve Fédérale lors de la prochaine réunion de la banque centrale, le 18 décembre. Car Ben Bernanke ne prendra pas l’initiative de ralentir le rythme du « quantitative easing » mené par l’institution depuis des trimestres, pour soutenir la reprise économique. La progression des standards économiques américains, qui s’est accélérée au cours des derniers mois, n’est probablement pas encore suffisante pour garantir la pleine autonomie de la de la croissance économique. C’est à Janet Yellenque reviendra la tâche sensible d’initier le retrait progressif des mesures monétaires non conventionnelles. Parions que l’annonce de cette inflexion inéluctable n’interviendra pas avant la fin du premier trimestre 2014. Fabrice Cousté, Directeur Général de CMC Markets France