Les décisions de la BCE n’auront pas été jugées suffisantes par les investisseurs. En tout cas pas à la hauteur de leurs exigences. Alors que Mario Draghi rendait le verdict du comité monétaire de la Banque centrale, les places boursières européennes corrigeaient (-3% pour le CAC 40 à mi-séance). La principale mesure engagée par la Banque centrale porte sur l’abaissement du taux de dépôt, de 0,20% jusqu’ici à -0,30%, une façon d’inciter les établissements bancaires à redéployer leurs liquidités, à la faveur de prêts aux agents économiques. Mario Draghi a également annoncé une prolongation de la durée du programme de rachats d’actifs jusqu’en mars 2017, voire au-delà si nécessaire. En revanche, aucune augmentation du montant mensuel de rachats n’a été entérinée, le volume du Quantitative Easing « plafonnera » donc encore à 60 milliards d’euros par mois. Plusieurs enseignements sont à retenir de la dernière réunion de l’année de la BCE. Mario Draghi a justifié le statu quo sur le montant du programme d’achat par les résultats bénéfiques des mesures déployées jusqu’ici. Mario Draghi a rappelé le rôle joué par l’institution dans l’amorce d’un cycle vertueux en zone euro, avec en perspective le frémissement de la croissance, le redémarrage progressif du marché du crédit, de la consommation et l’amélioration de la balance commerciale européenne, via la dépréciation de l’euro. La BCE a agi raisonnablement, elle sait que le resserrement monétaire américain fera son jeu ! En laissant inchangé le volume d’achats, la BCE souhaite conserver une marge de manœuvre pour le futur Le recalibrage du Quantitative Easing pourrait être acté dans les prochains mois si les conditions économiques menaçaient l’objectif premier de la Banque centrale, le redressement de l’inflation. De ce point de vue, concevoir l’augmentation du montant des achats mensuels comme une « cartouche » supplémentaire, à déployer ultérieurement et seulement si nécessaire, est une décision juste et sage. Si la BCE est plus optimiste qu’il y a quelques mois quant à la croissance européenne en 2016, les perspectives d’inflation sont encore jugées incertaines. Il faudra donc suivre très attentivement l’évolution des anticipations d’inflation sous-jacente dans les toutes prochaines semaines. Par ailleurs, il ne faut pas oublier la portée de la politique monétaire américaine, qui fera aussi le jeu de la BCE. Mario Draghi s’est montré prudent parce qu’il sait pertinemment que le resserrement monétaire américain, avec la hausse vraisemblable des taux directeurs de la Fed dans une dizaine de jours, va contribuer à la poursuite de la dépréciation de l’euro. Un soutien à la reflation de l’économie européenne ! Du côté des marchés financiers, force est de constater que les opérateurs se sont montrés bien trop exigeants vis-à-vis de la Banque centrale. Ils ont anticipé des mesures d’envergure, alors que la BCE est restée plutôt fidèle à sa ligne de conduite, ses objectifs et son mandat. En réalité, d’un point de vue fondamental, les décisions de la BCE ne sont pas si surprenantes. La réaction négative des marchés s’explique aussi par le rallye des dernières semaines. Le CAC 40 a gagné près de 9% en deux mois, il fallait bien un détonateur pour des prises de bénéfices. Ce repli est désormais une opportunité pour les investisseurs souhaitant jouer le potentiel rallye de Noël, qui débute traditionnellement autour du 10 décembre. En effet, le mois de décembre est très souvent prolifique en bourse. Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC - Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.fr Les informations fournies présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication. Ces informations vous sont fournies à titre indicatif et pourraient ne pas être actualisées. Elles peuvent être amenées à changer sans avertissement préalable. Les performances passées d’un investissement donné ne garantissent pas ses performances futures.Les observations, analyses et conclusions présentées sont basées sur des données graphiques de CMC Markets et non sur des données relatives aux instruments sous-jacents réels.CMC Markets ne pourra être tenu responsable d’une perte liée directement ou indirectement à une transaction réalisée sur la base des information fournies.Les CFD (contract for difference) sont des produits financiers complexes, à effet de levier, comportant un risque de perte supérieure au capital investi.