Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets France Début juillet, tout était parfait dans le meilleur des mondes. La Grèce était sauvée par des officiels européens compétents, l’indice Chinois rattrapé par une banque centrale bienveillante, les anticipations de résultats étaient dépassées par 70% des entreprises US contre 63% historiquement, le DAX prenait 1000 points en 2 semaines et on entendait déjà parler des 12000 puis des 13000 points… Cette vision des choses ne vous convainc pas ? En voici une autre : Fin juin, la période estivale approchant, les indices boursiers européens reculaient de 10% en 2 mois inquiétant les investisseurs. De ce fait, les officiels européens se sont forcés à signer un accord à la va-vite pour ne pas être responsables d’une catastrophe humanitaire en pleine période estivale dans un pays très touristique qu’est la Grèce. Parallèlement à cela, la Chine, a interdit aux brokers de vendre des titres, a injecté des centaines de milliards pour faire tenir son château de cartes (l’indice chinois avait pris 160% en 6 mois), ce qui a permis un rebond temporaire d’à peu près une semaine, avant que les plus bas ne soient retrouvés ce matin. Les résultats d’entreprises US entraînent des gaps haussiers historiques sur certains dossiers à la suite desquels les opérateurs vendent « la news » comprenant que l’air se fait rare dans la stratosphère et si 70% des entreprises battent le consensus c’est tout simplement car ce dernier se situe au ras des pâquerettes. D’ailleurs, au final, ce qui importe est le BPA (bénéfice par action), qui lui est en baisse de 3%... La réalité prenant le pas sur les espoirs haussiers, 5 séances baissières viennent de s’enchaîner sur le DAX sur lequel on constate des particuliers se placer à l’achat sur le « point bas » tous les 50 points depuis 400 points, souvent sans stops (paix à leur compte). Etudions le graphique pour voir quelles informations ce dernier délivre : Techniquement, le DAX a été enfermé pendant 2 mois dans un canal baissier appelé drapeau. A sa sortie, les investisseurs criaient victoire, reportaient l’objectif du drapeau et entrevoyaient déjà le triplement de leur compte. Malheureusement, la bourse est souvent plus compliquée, mis à part au lancement d’un QE. Aussi, les vendeurs ont profité de ce rebond de 1000 points, pour se placer à la baisse. Pourquoi ? Peut-être parce qu’aucun catalyseur haussier ne se présente, que la Grèce peut encore sortir de l’Europe si un accord n’est pas trouvé le 20 août et que la Chine peut faire trembler les marchés en cas de krach boursier…sans parler du fait que Juillet est historiquement le mois le moins performant, que l’été n’est pas source de rallyes historiques…etc En d’autres termes, prudence. La chute n’est pas acquise mais la hausse n’est pas certaine. Un range pourrait tout simplement prévaloir pendant l’été avec « peut être » un accident baissier au mois d’août, comme ce fut l’usage à de nombreuses reprises lors de la dernière décennie. D’ailleurs, une projection chartiste de la vague baissière précédente, donne les 10100 en objectif théorique, soit les plus hauts de 2014, simple hasard ? Je le montre au cas où. A la hausse, les 11350 devraient être dépassés pour que les acheteurs reprennent la main. Quant au CAC40, notons que l’indice français surperforme son homologue, ce qui est plutôt rare. Autrement dit, les acheteurs y sont pour le moment plus confortablement installés. L’indice est pour le moment attiré par des gaps laissés ouverts à 4903 et 4767 sur l’indice cash, cibles des baissiers. Dessous, notons la présence d’une zone long terme très solide, comprise entre 4420 et 4600, tout retour aussi bas serait en théorie mis à profit pour les fonds d’investissement qui débordent de liquidités. A la hausse, les acheteurs devront reprendre les 5050 à court terme et donner un coup de corne pour neutraliser la situation. Affaire à suivre. En conclusion : Attention au consensus, tout n’est ni rose, ni rouge. Soyez également conscients de la hausse de la volatilité. Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.fr