Genfit est un dossier complexe. En effet, la société est un des principaux groupes biopharmaceutiques européens, dont le secteur s’envole. Elle est rapidement devenue la plus grosse capitalisation en France, brokers et sociétés d’analyses se sont emparées du dossier, de nombreux afficionados ont créé sites et forums communautaires pour en discuter. A travers ce papier, je souhaite apporter éclaircissements et indices qui vous permettront je l’espère de cerner en partie ce dossier mais également de surveiller des seuils clés qui donneront le tempo pour la suite. Pourquoi Genfit s’est littéralement envolée depuis 2 ans ? Genfit fait partie des biotechs, secteur particulièrement recherché ces deux voire trois dernières années quelles que soient les places boursières. Néanmoins, il faut regarder du côté des USA et du Nasdaq pour comprendre ce qu’il s’est passé. A partir de 2012 les actions du secteur ont été recherchées outre atlantique, mais ce n’est qu’en 2013/2014 que nos biotechs françaises ont pris le relais, tous les dossiers ont alors progressé avec des performances à faire pâlir de nombreux gérants. Parallèlement à cela, la société travaille sur le traitement de la NASH (maladie hépatique) dont le traitement pourrait simplement devenir un blockbuster, ce qui fait l’attrait de ce dossier. Revenons-en à la performance. Genfit est un dossier prisé par les français mais également par les américains. Surveiller l’indice des Biotechs US fait donc du sens. Graphique sur 10 ans Graphiquement, je pense tout de suite à la bulle des technos en 2000. Que certaines sociétés grimpent car elles avancent dans leur recherche certes, mais que l’ensemble du secteur s’envole de 400% en quelques années n’est tout simplement pas « tenable » dans le temps. Cet indice des Biotechs, le NBI, peut perdre 30% tout en restant haussier, mais vous, le pouvez-vous ? Pourquoi ai-je invité à la prudence sur ce dossier avant la publication de l’étude sur le NASH alors que le titre flirtait avec les 60 Euros ? - Parce que prendre 1000% en quelques mois est une magnifique performance et que tout actif qui monte ne doit pas forcément redescendre mais simplement souffler - Parce que les biotechs sont et restent des biotechs avec des risques de décrochage, que chacun a pu constater le 27 mars dernier sur Genfit Je sais déjà que les amoureux de ce dossier vont s’insurger sur ce type de comparaison mais l’engouement, l’euphorie même autour de ce dossier, m’a rappelé le cas de Nicox lors de la décennie précédente. Oui le succès peut être au rendez-vous, mais avec des « si »… Pourquoi le titre Genfit rebondit ces dernières séances ? Tout simplement parce que le marché espère, et donc que des investisseurs se placent, que de la visibilité va nous être apportée à la réunion de l’EASL à Vienne du 22 au 26 avril, durant laquelle la société va rencontrer des investisseurs et analystes et peut être même des représentants de la FDA. Au cours de ce meeting de l’association européenne pour l’étude du foie (EASL) la direction présentera des résultats additionnels de l’étude de la Phase 2b du candidat médicament phare de la société, le GFT505, mais également les prochaines étapes dont le lancement de la Phase 3 (la phase 3 étant capitale avant une mise sur le marché d’un médicament validé par l’instance américaine, la FDA). De plus, ce dossier a désormais un attrait spéculatif supplémentaire car le fondateur, Jean-François Mouney, a évoqué une vente de la société ou un partenariat avec un grand groupe…à suivre. N’étant pas spécialiste en la matière, j’ai demandé à Sacha Pouget, gérant de la société Kalliste Biotech, de me donner son avis que voici : « Il y a encore des zones d’ombre sur le dossier. Notamment en ce qui concerne les statistiques retraitées sur les résultats cliniques de Phase 2b (étude GOLDEN), qui reposent sur des échantillons restreints. Pour en avoir le cœur net, les investisseurs attendent davantage de précision sur la taille finale des sous-populations de patients. Genfit présentera des données au congrès de l’EASL à Vienne (du 22 au 26 Avril), et prépare une publication qui devrait être soumise à une revue scientifique de premier plan pour une parution en Juin.Ces deux catalyseurs identifiés sur le titre peuvent donc donner lieu à une nouvelle phase de spéculation, même si le risque est encore présent sur le dossier en raison de l’effet binaire attendu à brève échéance (accueil positif ou négatif en fonction des précisions sur l’étude GOLDEN). » A chacun ensuite de prendre « ses responsabilités ». Que pouvons-nous dire graphiquement de ce titre ? Ce qui est très pratique c’est que seuils de long et court terme coïncident parfaitement sur ce titre. Je m’explique : A échelle long terme, Genfit apparait haussière avec des plus hauts et bas de plus en plus hauts. On constate par le passé que MM20, voire MM50 en rappel, ont permis au titre de prendre appui et rebondir pour mieux relancer la tendance. Lors de la récente chute de plus de 50% du titre en une semaine, c’est cette fois la MM100 qui a fait soutient, avec une propreté déconcertante. Tant que les cours évolueront au-dessus de cette dernière couplée à l’oblique haussière, les acheteurs n’ont en théorie pas de soucis à se faire, à moins d’un nouveau large gap baissier, risque à ne « jamais » écarter. Afin de relancer la dynamique il faut 2 choses, que l’on verra ensuite à court terme : - Un dépassement de la MM50 et du seuil psychologique des 40 Euros - Une reprise à terme de la MM20 semaine, soit les 50 Euros, correspondant également au top de fin 2014 Si ces conditions sont réunies, la hausse perdurera. A contrario, le titre pourrait consolider un certain temps entre MM100 et MM20 ou 50, en phase latérale d’attente, avant que la société ne communique de nouvelles avancées sur les étapes suivantes. Sous MM100, désolé de le dire mais le « jouet » serait cassé. A plus court terme, les plus bas doivent tenir. Point positif, la zone des 28/30 a été payée par deux fois et matérialise désormais le dernier rempart Au-dessus, il faudra que le titre casse la zone des 36/40, soit les plus hauts des dernières séances et le haut du chandelier du 27 mars dernier, ce que les indicateurs confirment. Ce dépassement serait un véritable signal d’un retour de l’engouement acheteur de court terme, plus que le « petit » rebond de ces dernières séances. Au-dessus la zone 40 – 50, zone de gap, qui correspond aux moyennes mobiles de long terme citées précédemment, devra être impérativement dépassée pour que le titre démontre sa volonté de redémarrage de la dynamique, cassée il y a peu. En d’autres termes, il y a des risques et du potentiel. Faites attention et évitez de tomber amoureux d’une action, les investisseurs qui sont sur les marchés depuis plus de dix ans ne pourront qu’acquiescer. Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.frCe commentaire présente un caractère purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers. CMC Markets ne saurait être tenu responsable quant à l'exactitude, la fiabilité, l'exhaustivité ou la pertinence de ces informations ou données.Les observations, analyses et conclusions qui en résultent sont basées sur des données graphiques de CMC Markets et non sur des données relatives aux instruments sous-jacents réels. L’utilisation de données graphiques a des limites et l’analyse technique n’est pas une science exacte. Nous vous recommandons d’utiliser ces données en complément d’autres supports/facteurs lors de votre prise décision de d’achat ou de vente. N’oubliez pas que les CFD présentent un caractère hautement spéculatif et qu’il est possible de perdre un montant supérieur au capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.