Alors que les médias nous rabâchent les risques de faillite de la Grèce, du cataclysme financier qu’elle entrainerait, les particuliers focalisés sur l’actualité sont majoritairement vendeurs sur la paire EURUSD et nombreux y perdent des plumes. En effet, on dit souvent qu’il est beaucoup plus dangereux de trader les titres des journaux que ce que l’on voit sur les graphiques. Or, ces dernières semaines, malgré le marasme grec, les négociations difficiles et les craintes des opérateurs, force est de constater que la paire monte. Il existe de nombreuses croyances établies sur l’euro. Par exemple, il est acquis qu’une hausse de taux de la FED serait baissier alors que c’est faux. A travers les paragraphes ci-dessous vous pourrez constater les relations/corrélations entre la monnaie unique et certains actifs, cela pourrait vous permettre d’y voir plus clair pour la suite. Une chose est certaine, les risques haussiers sont désormais à ne pas écarter. 1/ Hausse de taux aux USA Si les USA montent les taux le dollar va forcément monter : FAUX. Historiquement, ce sont les perspectives de hausse de taux qui font monter le dollar. Maintes fois, l’annonce d’une hausse de taux a été le point haut du dollar, les opérateurs vendant la nouvelle. Si les USA montent les taux la paire EURUSD va baisser : FAUX. Sur le graphique ci-dessus, constatez à quel point le 10 ans américain est corrélé à la paire EURUSD. Autrement dit, une hausse des taux impliquerait une hausse de la paire. 2/ Quid d’un choc obligataire ? Un choc obligataire pourrait déstabiliser la politique monétaire de la BCE, sans pour autant faire baisser sa monnaie, au contraire. La politique actuelle de quantitative easing de la BCE a pour but de faire baisser l’euro et de maintenir les taux obligataires bas. Toutefois, nous avons récemment connu un mini choc obligataire (le rendement du Bund passant rapidement de 0 à 1%) ce qui a entrainé la paire EURUSD à la hausse. En effet, voyez ci-dessous la corrélation entre taux US – Taux Allemand et Taux Allemand – EURUSD. Autrement dit, si les rendements obligataires s’envolent, l’euro pourrait faire de même. 3/Et si la Grèce sortait ? Quand vous vous retirez une épine du pied cela peut faire mal voire s’infecter. Néanmoins, le fait de l’avoir retiré permet de guérir et d’aller de l’avant. Même chose pour la Grèce, notre épine. Premièrement, ce n’est pas encore le cas. Depuis plusieurs années je défends le fait que les officiels n’ont aucun intérêt à faire sortir la Grèce. Cela déstabiliserait la zone, le risque d’effet domino serait grandi, la zone destabilisée etc. En d’autres termes, je continue de penser que FMI, UE et Grecs feront tout pour arriver à un compromis, qui fera durer la saga grecque encore quelques épisodes. Néanmoins, force est de constater qu’une sortie semble de plus en plus « possible » au vu des négociations dans l’impasse, de la situation des finances du pays, des sorties massives d’argent des banques. Certains pensent que la monnaie unique filerait sous la parité si tel devait être le cas j’apprécie pour ma part le scénario du diable qui voudrait que la paire EURUSD perde quelques centaines de points, avant de violemment se reprendre, une fois l’épine retirée. En effet, ce que détestent les opérateurs, c’est le manque de visibilité, pas les quelques 350 Milliards que représente la dette grecque. En d’autres termes, je ne veux pas dire que cela serait une bonne chose ou que cela va se faire mais, mis à part le scénario noir d’une contagion généralisée, d’un effet domino sur les périphériques, la sortie de la Grèce ne serait peut-être pas après tout un risque baissier sur la monnaie unique. 4/ Que nous disent les prix ? Depuis le mois de mars, la paire EURUSD est ancrée dans une tendance haussière, selon la théorie de Dow. De l’hebdomadaire au 4H, toutes les unités de temps montrent le nord, tant que les supports tiendront. A court terme, FOMC, Eurogroupe, Grèce, nombreux facteurs peuvent entrainer de la volatilité qui est d’ailleurs sur ses plus hauts annuels, raison pour laquelle il faudra rester sur ses gardes. Faisant fi des « news » et « statistiques », on notera la présence d’un triangle d’indécision, la sortie de cette figure devrait donner le tempo pour la suite. En cas de sortie par le haut, les 1.15, résistance clé de ce premier semestre, seraient de nouveau challengés. Au-dessus, les 1.18 apparaissent en haut du graphique, correspond à la borne haute du canal bleu. A contrario, en cas de sortie par le bas, la neutralité prévaudra entre 1.105 et 1.13. Seule une rupture des 1.10/1.105, point clé conjuguant moyennes mobiles, bas de canal, seuil psychologique et support horizontal, serait annonciateur d’une reprise des velléités baissières de fond. En conclusion : les faits et les prix auront une importance capitale et prévaudront à priori sur les croyances établies et espoirs des investisseurs. Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.frCe commentaire présente un caractère purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers. 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