Alors que la paire EURUSD échouait la semaine sous 1.15 suite aux propos de Benoit Coeuré sur les perspectives d’augmentation des achats de la BCE sur le marché obligataire avant l’été, j’ai co-rédigé une analyse avec un spécialiste de l’Analyse Technique Dynamique « Ne jamais sous-estimer la tendance de fond ». A travers ce tome 2, je partage ici avec vous le travail d’une jeune économiste, encore étudiante mais talentueuse et pointue, Zohra Oualid. La première partie sera une explication sur les effets post –PSPP (Public Sector Purchase Program) de mon invitée. La seconde sera une mise à jour de l’étude graphique faite la semaine passée accompagnée de commentaires. Analyse de marché « Post-PSPP » « Après le lancement effectif du Quantitative Easing par la Banque Centrale Européenne, les effets ne se sont pas fait attendre sur les marchés intrazone euro. Les impacts constatés sur les marchés obligataires, interbancaires, actions voire celui du taux de change ont été pour la plupart conformes aux canaux de transmission de la politique monétaire – non conventionnelle. En ce qui concerne le marché obligataire, le canal du signal et de la réallocation du portefeuille ont été favorables aux prix des obligations européennes. Depuis l'annonce du Public Sector Purchase Program – aidée par l'abondance en liquidité – les rendements des obligations publiques ont chuté de façon significative au risque d'avoir créé le débat d'une bulle obligataire. Les achats de titres publics par la Banque Centrale Européenne ont en effet permis aux détenteurs d'actifs de faire de la substitution, au profit d'autres titres plus rémunérateurs – tels que les titres corporates. De plus, cette pratique monétaire est également un signal positif sur le caractère accommodant de la politique monétaire de la BCE à plus long terme, ajoutée à une Forward Guidance toujours active contrairement à la Réserve Fédérale. Pourtant, la trajectoire des taux d'intérêt obligataire a connu une phase de hausse généralisée, ceci étant principalement due à une correction haussière des taux d'intérêts réels et d'anticipations déflationnistes de plus en plus écartées. – 5y5y : 1,84 % contre 1,77 % (ECB survey) – Sur le marché des changes, bien que la Banque Centrale Européenne ne prenne pas en compte le taux de change dans la gestion de sa politique monétaire, ce dernier reste un indicateur très suivi. L'excès de liquidité au sein de la zone euro pousse la devise à la baisse, tout comme le taux d'intérêt de la facilité de dépôts, en territoire négatif depuis juin 2014 qui incite à la vente d'actifs en euro au profit d'autres devises, accentuant ainsi la devise à la baisse. La dépréciation de la monnaie tient également compte de la situation outre-Atlantique, où la première phase du cycle haussier de la Target Fed Fund Rate n'est qu'une question de mois après une Forward Guidance modifiée. Si cette hausse se confirme, les impacts potentiels sur le marché obligataire européen et américain seront à examiner. Cela viendra t-il mettre un terme au cycle haussier des prix des titres souverains et par conséquent à l'objectif de stabilité financière recherchée par la BCE ? Les évolutions sur le marché du travail américain, le niveau de l'inflation ainsi que celui du dollar viendront répondre à ces problématiques. En somme, l'atmosphère monétaire demeure attractif, le marché interbancaire profite de taux bas quelle que soit la maturité. Le secteur bancaire européen étant le pilier du mécanisme de transmission de la politique monétaire doit désormais faire en sorte que cet environnement favorable soit répercuté sur la sphère réelle de façon à relancer l'investissement des entreprises qui demeure encore insuffisant à ce jour.» Commentaires 1/ Pour l’instant le QE européen a eu les effets escomptés sur actions, obligations et taux de change 2/ Il faudra suivre les chiffres d’inflation qui ont entrainé le décalage récent sur le marché obligataire 3/ Mlle Oualid nous explique que la BCE ne prend pas en compte le taux de change. Toutefois j’attire votre attention sur le timing du discours de Draghi au sujet d’un futur QE alors que la paire flirtait avec les 1.40. Secundo, ne trouvez-vous pas étonnant que Benoit Coeuré soit sorti du bois alors que l’euro était remonté de 1.05 à 1.15 en 2 mois, situation devenue stressante, synonyme d’un désaveu déguisé de la politique de la BCE… 4/ Les pressions sur l’euro devraient donc perdurer tant que la FED ne changera pas la donne 5/ Soyons prêts si tel devait être le cas car la politique de la BCE pourrait s’en retrouver bouleversée 6/ Le fait que les banques soit le pilier du mécanisme de transmission n’est-il pas le véritable problème puis seuls 3% du QE anglais ont été constaté comme ayant été transmis à l’économie réelle ? Enfin je poste un graphique dont nous pourrons discuter dans un prochain papier, qui met à mal les théories selon lesquelles hausse de taux aux USA rime avec un Euro sous la parité. Voyez en fait la corrélation entre les taux à 10 ans aux USA et la paire EURUSD…à méditer. Analyse dynamique : A moyen terme la tendance baissière est matérialisée par l’orientation de la moyenne mobile à 20 semaines. Les cours ont seulement réussi à clôturer au-dessus de cette dernière pendant une seule période avant de rapidement repasser dessous. Cette moyenne mobile actuellement vers 1.109 fera désormais office de résistance dynamique, aidée par une résistance horizontale juste au-dessus à 1.115. Seul un retour au-dessus de ces seuils pourrait « neutraliser » la paire sans pour autant lui donner un caractère haussier (ce qui ne sera pas évident avant un grand nombre de périodes ou une explosion des cours de 1000 pips). Analyse chartiste : A court terme le rebond technique de la paire pouvait être cadré par un canal haussier dont les cours se sont extraits par le bas après avoir échoué sous 1.15 (50% de retracement de la denrière vague baissière) donnant un premier signal du retour des vendeurs. En fin de semaine passée le test puis la cassure effective des 1.105 était un signe de faiblesses supplémentaires. Alors que nous testons les 1 096 et un retracement de Fibonacci une réaction peut avoir lieu, comme elle pourrait avoir lieu sur les 1.085 mais ne vaudrait-il mieux pas se concentrer sur les résistances, tant qu’elles ne cèdent pas, qui cadrent la tendance, plutôt que de regarder les supports casser un à un, même si des réactions de 50 à 150 pips peuvent s’y produire ? Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets et Zohra Oualid, étudiante à Paris Dauphine. Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.frCe commentaire présente un caractère purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers. CMC Markets ne saurait être tenu responsable quant à l'exactitude, la fiabilité, l'exhaustivité ou la pertinence de ces informations ou données.Les observations, analyses et conclusions qui en résultent sont basées sur des données graphiques de CMC Markets et non sur des données relatives aux instruments sous-jacents réels. L’utilisation de données graphiques a des limites et l’analyse technique n’est pas une science exacte. Nous vous recommandons d’utiliser ces données en complément d’autres supports/facteurs lors de votre prise décision de d’achat ou de vente. N’oubliez pas que les CFD présentent un caractère hautement spéculatif et qu’il est possible de perdre un montant supérieur au capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.