Enfin quelques signes de réaction ! Littéralement anesthésiés depuis l’avènement de l’inquiétant Shutdown américain, les marchés boursiers semblent profiter d’annonces un peu plus optimistes pour reprendre un peu de hauteur. Alors que la situation budgétaire américaine retient plus que jamais l’attention des investisseurs, la lente avancée des discussions politiques offre un peu d’espoir en vue d’un compromis qui permettrait un relèvement du plafond de la dette américaine, avant le 17 octobre. À une semaine d’un éventuel défaut des États-Unis, un nouveau levier vient d’être évoqué par les représentants républicains pour sortir de l’ornière. Toujours tenté de lier tout accord sur le relèvement du plafond de la dette à une réforme pure et dure des programmes sociaux et de l’Obamacare, auxquels il est opposé depuis trois ans, le camp républicain a semble t-il assoupli sa position ces dernières heures. En effet, plusieurs parlementaires de la droite américaine seraient prêts à autoriser un relèvement temporaire des capacités d’emprunts du gouvernement U.S., afin d’épargner l’État d’une faillite partielle. Il existe donc une fenêtre de tir pour des négociations un peu plus constructives que celles menées jusqu’à présent entre démocrates et républicains. Il faut dire que jusqu’alors, le retranchement des deux familles politiques sur leurs positions respectives s’est fortement nourri d’ambitions électorales en vue du vote de mi-mandat (un tiers des parlementaires seront renouvelés) qui aura lieu l’année prochaine. D’un côté, les démocrates ont parié sur la responsabilisation des représentants républicains, à qui l’opinion publique pourrait imputer l’échec des négociations. De l’autre, les républicains ont privilégié l’intransigeance, influencés notamment par la frange électorale la plus proche du Tea-Party, qui considère les réformes sociales et de santé de l’administration Obama comme bien trop dispendieuses et juge les hausses d’impôts illégitimes. L’autre facteur qui procure un peu plus de sérénité aux marchés est l’annonce officielle, de la nomination de Janet Yellen à la succession de Ben Bernanke, en tant que gouverneur de la Réserve Fédérale américaine. Comme son prédécesseur, Janet Yellen est réputée pour défendre une ligne de conduite accommodante sur le plan monétaire. Pas de rupture donc, à la tête de la Fed. Sa future présidente a d’ores et déjà indiqué qu’il faudrait maintenir les efforts nécessaires pour consolider la reprise de l’économie américaine et a exclu toute inflexion brutale de la politique monétaire de la banque centrale. Reste néanmoins quelques points d’interrogation et non des moindres. La nomination de Janet Yellen doit encore recevoir l’approbation du Sénat américain, où les républicains sont en mesure de s’opposer à ce choix… pour continuer de peser dans le débat budgétaire. Sans compter le renouvellement d’une bonne partie du board de la Réserve Fédérale en 2014, ce qui pourrait compliquer les décisions de politique monétaire. Décidément, rien n’est aujourd’hui évident de l’autre côté de l’Atlantique ! Fabrice Cousté Les informations présentées ici ont un caractère purement informatif et ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers.