Quelle année pour le marché actions allemand ! Le DAX est passé d’un plus haut à 12 400 à un plongeon à 9 300 en septembre, pour se reprendre ensuite à la hausse au-dessus de 11 000 à la faveur d’attentes accommodantes de la part de la BCE. Il était évident que ces attentes étaient trop importantes, et le 3 décembre l’institution a seulement annoncé un petit ensemble de mesures au lieu d’un stimulus additionnel. La prochaine fois que Mario Draghi essaie de faire pression à la baisse sur la monnaie unique, le marché sera susceptible d’être beaucoup plus prudent. Cela pourrait également mettre en place un palier de soutien sur l’euro, qui a rebondi sur les 1,052 USD, et ainsi stoppé sa dépréciation. L’euro plus faible face au dollar a contribué à ce que le Dax surperforme les indices américains au printemps 2015 et lui a permis d’atteindre son plus haut historique de 12 400 points. Avec un support sous l’euro, le potentiel de surperformance que nous aurions vu en cas de parité entre l’euro et le dollar, est désormais inenvisageable. Cependant, le Dax a toujours le potentiel pour tester la zone des 11 800 au premier trimestre 2016, alors que ses principaux moteurs de performance continuent d’être l’environnement de taux bas à travers le monde et l’euro bon marché qui soutient les exportateurs allemands sur les marchés internationaux. Alors que la divergence de politique monétaire est toujours en vigueur entre l’Europe et les Etats-Unis, l’euro pourrait continuer de monter. L’Eurozone montre aussi des signes de robustesse, ce qui a été souligné par la BCE le 3 décembre lorsqu’elle a augmenté ses attentes en termes de croissance. Finalement, il se pourrait bien que cette décision de ne pas augmenter le stimulus soit la meilleure afin d’avoir un peu de marge de manoeuvre pour stabiliser les marchés en cas de besoin. Enfin, un autre facteur est à considérer: la confiance de la Fed dans l’économie américaine n’a-t-elle pas commencé à jouer un rôle positif pour les actions américaines ? L’économie en Europe semble bien se porter actuellement en comparaison avec la dynamique des marchés émergents. L’Allemagne quant à elle est davantage exposée aux exportations vers ces marchés et pourrait bien ressentir des vents contraires. Cependant, un redressement soutenu en Europe couplé à davantage de progrès pour l’économie américaine pourrait compenser les faiblesses venues d’ailleurs. Concernant les profits et la rentabilité des entreprises du Dax, les cours actuels laissent de la place pour la hausse, avec un Price Earning Ratio (PER) sur le Dax actuellement légèrement au-dessus de son ratio des 27 dernières années à 13,3 à comparer avec un PER aux alentours de 17 pour le S&P 500. L’un des points d’interrogation concernant la performance du Dax en 2015 était de savoir dans quelle mesure le « Dieselgate » pourrait l’affecter, en plus des inquiétudes relatives aux effets qu’un ralentissement mondial pourrait avoir sur les exportateurs allemands. Les derniers chiffres suggèrent que le « coût final » de cette affaire sera non seulement supportable, mais aussi que les dégâts en matière de réputation resteront limités. Ayant souligné les facteurs favorables à un Dax haussier, regardons maintenant de plus près un facteur spécial qui pourrait contrecarrer ce rallye. L’afflux de migrants en Europe et les problèmes politiques qui en découleraient en zone Euro pourraient augmenter la volatilité sur le court terme.. En conséquence, les politiques pourraient souhaiter la fermeture des frontières, ce qui pourrait engendrer d’autres problèmes. Si seulement quelques pays tels l’Allemagne supportent la charge, alors que d’autres ferment leurs frontières, des tensions pourraient éclater en Europe. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a utilisé un ton plus ferme qu’à son habitude quand il a suggéré récemment que l’euro serait menacé en cas de chute de Schengen. Nous avons déjà assisté à la réintroduction de contrôles aux frontières en France et si d’autres attentats devaient être perpétrés, cette tendance pourrait devenir la règle. Les tensions politiques accrues au sein de l’Europe pourraient mettre davantage de pression sur l’euro. La BCE a essayé de le faire baisser via ses décisions de politique monétaire, ce que le marché a apprécié puisqu’un euro plus bas améliore la compétitivité des entreprises européennes, mais la dissolution de l’euro serait un autre sujet. Un autre facteur qui pourrait peser sur le Dax est le ralentissement économique en Chine et dans les marchés émergents, une zone clé pour les profits des exportateurs allemands. De façon intéressante, le Dax pourrait bien fonctionner comme une couverture et par conséquent rester attractif. Si nous regardons ce qui s’est passé en en 2012 quand l’euro était en mauvaise posture, ce sont les mots de Mario Draghi « quoi qu’il en coûte » qui ont sauvé la monnaie unique. A cette période, le Dax performait bien et une idée populaire consistait à se dire que si l’euro échouait, un « euro du Nord » pourrait être intéressant. D’un point de vue graphique, depuis 2011 la tendance sur le Dax est orientée à la baisse. Si les 9 800 lâchent, un recul non seulement vers 9 300 mais davantage encore vers la région des 8 300 est une possibilité. D’après les performances historiques, janvier et février ne sont pas de mauvais mois, et c’est mars qui se trouve être le meilleur mois, la saisonnalité des marchés pourrait donc jouer en notre faveur. D’un autre côté, la zone des 11 800 représente une résistance importante pour les « bulls ». C’est à ce niveau que s’est arrêté le mouvement de « double plancher » initié sur 9 300. Nous avons également un retracement de 78,6% du mouvement baissier. 11800 pourrait représenter la dernière ligne de défense pour les « bears ». Si ce niveau venait à être dépassé, des plus hauts historiques pourraient être de retour sur le radar. Par Andreas Paciorek, Analyste pour CMC MarketsLes informations fournies présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication. Ces informations vous sont fournies à titre indicatif et pourraient ne pas être actualisées. Elles peuvent être amenées à changer sans avertissement préalable. Les anticipations, projections ou objectifs mentionnés sont présentés à titre indicatif et ne sont en aucun cas garantis. CMC Markets ne saurait être tenu responsable s’ils n'étaient pas réalisés ou atteints. 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