Depuis 2011, un grand nombre de matières premières sont ancrées dans des tendances baissières comme vous pouvez le constater sur le Thomson Reuters /Jefferies CRB Index. Cet indice a été créé pour la première fois calculé en 1957 et représente aujourd’hui un agrégat des prix de 19 matières premières à travers le monde, aussi bien le pétrole que le jus d’orange ou encore le blé. Suite à un point bas début 2015, cet indice tente de rebondir mais la hausse du dollar empêche pour le moment les avancées haussières, voyons le cas particulier du Cuivre. Grâce à la hausse de la croissance mondiale et plus particulièrement à la demande chinoise, les prix du Cuivre se sont littéralement envolés ces dix dernières années. En prenant du recul, il apparait possible que les cours pourraient continuer de consolider, sans catalyseur haussier de taille. (Ci-dessous les prix sont en Dollar par tonne, les prochains graphiques seront en cents par livre). En données mensuelles, les cours du Cuivre sont baissiers depuis 2011. Pendant quatre ans, les cours ont réagi favorablement au contact des 300 cents/livre mais les vendeurs ont fini par enfoncer le clou fin 2014. Les cours étant de nouveau sous ce seuil majeur, la question est de savoir s’il s’agit ici d’un pullback avant rechute ou au contraire d’un début de reprise, suite à une faiblesse passagère des cours. Fondamentalement, j’ai fait appel à Benjamin Louvet, associé chez Prim’ Finance, spécialiste sur les métaux qui m’a délivré ce commentaire : « Le cuivre est dans une situation complexe. A court terme, il reste effectivement sous pression. Avec une croissance de la demande qui ralentit et qui devrait s’établir autour de 3% cette année, alors que l’offre minière s’est organisée ces dernières années pour faire face à la hausse de la demande et devrait croître de 7 à 8 % sur les deux prochaines années, le marché devrait être en léger surplus cette année. Toutefois, deux éléments peuvent venir perturber ce scénario. D’abord, les interruptions de production et les retards dans les mises en chantier peuvent rapidement faire basculer le marché de surplus à déficit. C’est ce qui s’est produit l’année dernière par exemple. Et puis, les bureaux météo américain et australien viennent de le confirmer, un phénomène El Nino se forme sur le Pacifique. Historiquement, cela impacte l’Asie du Sud Est où il fait plus sec, et l’Amérique du Sud où il pleut davantage. Cela pose plusieurs problèmes sur le marché du cuivre. D’abord en Indonésie et en Papouasie, où se trouvent de grosses mines, on manque d’eau ce qui diminue 1- la capacité à produire de l’électricité (barrages) et 2- la capacité fluviale à transporter les ressources jusqu’aux ports pour l’exportation et pourrait donc réduire la disponibilité. A l’opposé, en Amérique du Sud et notamment au Pérou et au Chili, il y a des risques de pluies torrentielles obligeant à fermer des mines ! On pourrait donc se retrouver rapidement en manque conjoncturel de marchandise ! Attention donc, au short squeeze.» Autrement dit, ce spécialiste est d’accord sur le fait que les prix pourraient rester sous pression, à moins qu’une actualité extraordinaire ne change la donne. Autre élément, j’ai analysé les prévisions de la banque mondiale ou encore du FMI et les perspectives restent pour le moment baissières. Seuls les économistes de l’EIU (Economist Intelligence Unit) anticipent un redressement des cours progressif pour les années à venir. En tout état de cause, à moins d’un élément exogène, les vendeurs pourraient garder la main, voyons comme cela se traduit sur la situation graphique de court terme. En données journalières les prix s’inscrivent dans un canal baissier ici en bleu, coiffés par une oblique baissière se conjuguant pratiquement avec le seuil symbolique et psychologique des 300 que l’on retrouve sur le graphique long terme précédent. Autrement dit, si les cours arrivaient à percer ce seuil, un retour des prix dans la partie haute du canal vers 330 serait envisageable. A contrario, sous 300, les prix pourraient repartir à la baisse, vers la borne basse du canal, voire les plus bas annuels à 250. Pour ce qui est de la tendance, du biais du marché, on peut le qualifier de baissier sous 300, neutre entre 300 et 330 et potentiellement haussier au-dessus de 330. Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.frCe commentaire présente un caractère purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers. 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