Préoccupation constante des marchés financiers, la problématique de la dette des États possède son propre jargon. Voici un résumé des termes techniques à connaître pour analyser et comparer les comptes publics.

Solde, déficit et excédent des comptes publics

L’État enregistre chaque année des recettes et des dépenses. La différence entre ces deux composantes permet de calculer son solde. Ainsi, si les dépenses sont supérieures aux recettes, le solde est négatif, et les comptes de l’État sont en déficit. À l’inverse, si les recettes sont supérieures aux dépenses, le solde est positif, et les comptes de l’États sont alors en excédent.

Les déficits non compensés par des excédents constituent la dette d’un État. Le taux d’endettement correspond quant à lui à cette dette exprimée en pourcentages du produit intérieur brut. Déficit public et dette publique ne doivent donc pas être confondus : le premier est un flux calculé sur une période donnée, la seconde est un stock calculé à un instant donné.

En 1997, les chefs d’États et de gouvernement européens ont inscrit dans le pacte de stabilité et de croissance une règle limitant les déficits publics à 3% du PIB au sein de l’Union européenne : la fameuse « règle des 3% ».

Solde, excédent et déficit primaires

Lorsque les intérêts de la dette et les revenus d’actifs financiers ne sont pas retenus dans le calcul du solde, nous obtenons le solde primaire. Toujours dans la même logique, un solde primaire positif est qualifié d’excédent primaire, et à l’inverse, un solde primaire négatif est qualifié de déficit primaire.

Ce solde primaire permet d’analyser la situation budgétaire présente d’un État sans tenir compte des intérêts de la dette accumulée par le passé.

Déficit structurel et déficit conjoncturel

Si la structure désigne ce qui ne change pas à court terme (fixe), la conjoncture désigne ce qui change sur le court terme (variable). Par définition, un déficit structurel lié au fonctionnement de l’État est donc plus embêtant qu’un déficit conjoncturel lié à l’état temporaire de l’économie.

Un déficit structurel traduit un déséquilibre durable dans les comptes publics. En d’autres termes, les recettes sont inférieures aux dépenses, et cela ne peut pas être expliqué par une mauvaise conjoncture économique. Le problème est plus profond.

Le calcul du déficit structurel s’appuie sur le concept de croissance potentielle, c’est-à-dire sur la croissance maximale pouvant être atteinte sans avoir d’impact sur l’inflation. La difficulté d’une telle estimation invite toutefois à la prudence.

Si l’estimation du déficit structurel offre une information précieuse sur la situation et la trajectoire budgétaire d’un État, le concept de déficit effectif possède l’avantage d’être plus précis (car issu de mesures et non d’estimations).

Mi-novembre, la Commission européenne se prononcera sur les budgets des États membres de l’Union européenne. Les différents concepts et termes techniques présentés dans cet article vous permettront certainement de mieux comprendre pourquoi le budget italien en déficit de 2,4% est à ce jour plus critiqué que le budget français en déficit de 2,8%.

 

 

 

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