Comprendre l’inflation et ses indicateurs

 

 «L’inflation, c’est payer 15 dollars pour une coupe à 10 dollars que vous aviez l’habitude de payer 5 dollars lorsque vous aviez encore des cheveux. ». Si cette citation attribuée à l’humoriste américain Sam Ewing prête à sourire, elle décrit avec justesse le phénomène d’inflation.

Qu’est-ce que l’inflation ?

Synonyme d’une hausse généralisée des prix, l’inflation correspond à une perte de valeur de la monnaie. Ainsi, en période d’inflation, le pouvoir d’achat d’un euro s’érode au fil du temps, et il faut donc davantage d’euros pour acquérir un même ensemble de biens et services. Préoccupation constante des investisseurs, l’inflation joue donc un rôle crucial dans l’économie et dans la vie des marchés financiers.

Pour mener à bien sa mission et garantir la stabilité des prix, la Banque Centrale Européenne (BCE) s’efforce de maintenir le taux d’inflation proche, mais inférieur, au seuil des 2%. Cet objectif permet de maintenir des conditions jugées favorables à la croissance économique tout en évitant les risques de déflation (inflation négative) ou d’hyperinflation (emballement du phénomène d’inflation).

Deux exemples historiques de dérapages inflationnistes sont fréquemment cités : le cas allemand et le cas japonais.

Suite à la Première Guerre mondiale, l’Allemagne vaincue a connu une période d’inflation galopante qualifiée d’hyper-inflationniste. Alors que 4,2 marks pouvaient être échangés contre 1 dollar avant le début de la crise en 1918, 4 210 500 000 000 marks étaient nécessaires pour obtenir 1 dollar en novembre 1923…

À l’inverse, au cours des années 90, le Japon est quant à lui entré dans une période de déflation dont il peine encore aujourd’hui à se remettre. Véritable cercle vicieux, la déflation correspond à une baisse généralisée des prix, elle amène donc les ménages et les entreprises à reporter leurs achats dans l’attente de prix plus attractifs.

D’où vient l’inflation ?

L’inflation est-elle liée à la demande, aux coûts de production, ou à une augmentation de la masse monétaire en circulation ? Plusieurs théories s’affrontent à ce sujet, et voici ce qu’elles nous enseignent.

Pour les monétaristes, comme l'économiste américain Milton Friedman, « L'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire. ». Tout marché étant régi par la loi de l’offre et de la demande, une augmentation de l’offre de monnaie entraîne toutes choses égales par ailleurs une diminution de la valeur de cette monnaie. L’inflation ne serait donc qu’une conséquence d’une hausse de la monnaie en circulation plus rapide que la hausse de l’offre de biens et services.

Pour les keynésianistes en revanche, l’inflation serait causée par une hausse de la demande de biens et services plus rapide que la hausse de l’offre. Et pour d’autres encore, l’inflation serait causée par l’augmentation des coûts de production que les entreprises répercuteraient dans un deuxième temps sur leurs prix de vente afin de préserver leurs marges.

Les indicateurs de l’inflation : IPC et IPP

Deux indicateurs figurent au rang des indicateurs économiques les plus utilisés pour mesurer l’inflation : l’Indice des Prix à la Consommation (CPI, Consumer Price Index), et l’Indice des Prix à la Production (PPI, Producer Price Index).

Si ces deux indicateurs s’intéressent à l’évolution des prix d’un panier de biens et services, l’IPC s’intéresse à la consommation des ménages alors que l’IPP s’intéresse aux biens à leur sortie d’usine (hors taxe et transport par exemple).

Les effets de l’inflation

Lorsque l’inflation est correctement anticipée par les acteurs économiques, ses effets restent relativement limités. En revanche, lorsque l’inflation dévie des anticipations de marché, malheur aux mauvais pronostiqueurs ! En effet, pour tenir compte de l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat, il est important de distinguer le taux nominal et le taux réel.

Le taux nominal correspond au taux convenu et payé (par une banque à ses épargnants par exemple, ou par une entreprise lors du remboursement de son emprunt bancaire). Les intérêts du taux nominal correspondent donc à l’argent versé par l’emprunteur à l’épargnant.

Or, pour mesurer avec justesse le gain ou la perte de pouvoir d’achat de l’emprunteur ou de l’épargnant, il est primordial d’ajuster ces intérêts en tenant compte du niveau d’inflation. En effet, si un placement rapporte 2%/an mais que dans le même temps le prix des biens et services augmente de 4%/an, l’épargnant gagnera de l’argent mais perdra du pouvoir d’achat.

Au-delà du taux nominal, il est donc important de s’intéresser au taux réel, c’est-à-dire au taux nominal auquel le taux d’inflation est soustrait : Taux réel = Taux nominal – Taux Inflation.

Pour les opérations de moyen et long termes, si l’inflation est mal anticipée, une inflation supérieure aux attentes se traduira par un taux réel plus faible (voire négatif) à l’origine d’un gain de valeur pour le créancier et d’une perte de valeur pour l’épargnant. À l’inverse, une inflation inférieure aux attentes se traduira par un taux réel plus élevé à l’origine d’une perte de valeur pour le cré ancier et d’un gain de valeur pour l’épargnant.

Désormais, plutôt que de suivre l’évolution du taux nominal de votre Livret A (en forte baisse au cours des dernières années), vous pourrez préférer suivre l’évolution de son taux réel, et vous situation d’aujourd’hui n’est peut-être pas si mauvaise qu’elle n’y paraît.

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