Alors que les marchés actions étaient hésitants depuis deux bons mois, une douce euphorie berce les investisseurs. Mais attention, les perspectives de marché à moyen terme ne sont pas si favorables... La situation s’est décantée depuis une dizaine de séances. L’impulsion des indices boursiers s’explique par une évolution dans la perception des catalyseurs, les investisseurs ne considérant plus les principales échéances des prochaines semaines comme des risques mais plutôt comme de potentiels moteurs d’appréciation. Ces derniers jours, les avancées positives sur le dossier grec – les créanciers du pays ont donné leur accord pour le déblocage d’une nouvelle tranche de financement de 10,3 milliards d’euros –, le nouveau rebond des prix pétroliers et l’amélioration des indicateurs économiques aux Etats-Unis (forte hausse des ventes de logements neufs) ont convaincu les opérateurs de marché de revenir à l’achat et de « remettre un peu de risque» en portefeuille. De plus, la BCE a envoyé récemment quelques signes d’encouragement en faveur d’une restructuration de certaines dettes souveraines européennes et de nouveaux moyens techniques pour continuer à réduire les créances douteuses des banques de l’eurozone. Pour ce qui est des « rendez-vous » du mois de juin, le sentiment s’est retourné, l’optimisme émergeant de plus en plus au sein des enquêtes des brokers. La complaisance vis-à-vis des marchés devrait l’emporter sur la réalité économique américaine et les taux ne devraient pas augmenter en Juin Le referendum britannique sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union Européenne apparaissait il y a quelques temps encore comme une échéance à haut risque. Or, la probabilité de voir le fameux « Brexit » se réaliser est désormais faible selon les sondages, le rationalisme est le nouveau mot d’ordre outre-Manche. Quant au comité monétaire de la FED, autre point brûlant du mois de juin, les craintes semblent s’être apaisées. Depuis la dernière réunion de la FED, la probabilité d’une remontée des taux directeurs américains en juin a cru, en raison de la bonne tenue de l’économie outre-Atlantique. Pour autant, les investisseurs font aujourd’hui le pari d’un statu quo de la FED. Pour quelles raisons ? Ils misent, à juste titre selon nous, sur le discernement de la banque centrale américaine. Si les indicateurs économiques américains appellent évidemment à une remontée légitime des taux d’intérêt, la FED aurait surtout intérêt à prendre en compte le contexte exogène. Elle ne prendrait pas le risque de remonter ses taux les 14 et 15 juin (et de refroidir potentiellement les marchés boursiers), alors que se tiendra le referendum britannique une semaine plus tard. La complaisance vis-à-vis des marchés financiers devrait l’emporter sur la réalité du cycle économique américain ! Qui plus est, les Fed Funds nous indiquent que 40% des opérateurs de marché anticipent une remontée des taux directeurs en juin. Or, la FED va certainement juger cette proportion insuffisante pour qu’une telle décision ne soit pas perçue comme une mauvaise surprise par les marchés. L’éclaircie boursière n’est que passagère Attention cependant ! L’enthousiasme retrouvé des investisseurs risque de n’être qu’une parenthèse et de buter à moyen terme sur la réalité des fondamentaux Notre scénario central est celui d’une appréciation des marchés actions à court terme, avec pourquoi pas de nouveaux records pour les indices américains… mais pas de turbulences à moyen terme (horizon 3 à 6 mois) entre volatilité accrue et nouvelles corrections. N’oublions pas la toile de fond : les perspectives de croissance globale restent atones (exception faite des Etats-Unis), tandis que la croissance bénéficiaire des entreprise s’inscrit dans une tendance baissière longue, tant pour 2016 que pour 2017. En somme, les marchés boursiers seraient aujourd’hui dans l’œil du cyclone, profitant d’une éclaircie passagère… avant la tornade ? Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC - Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.fr Les informations fournies présentent un caractère purement informatif, elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers ou de la recherche en investissement. Cette communication n'a pas été élaborée conformément aux dispositions réglementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et à interdire d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication. Ces informations vous sont fournies à titre indicatif et pourraient ne pas être actualisées. Elles peuvent être amenées à changer sans avertissement préalable. Les anticipations, projections ou objectifs mentionnés sont présentés à titre indicatif et ne sont en aucun cas garantis. CMC Markets ne saurait être tenu responsable s’ils n'étaient pas réalisés ou atteints. Les performances passées d’un investissement donné ne garantissent pas ses performances futures.Sauf avis contraire, les observations, analyses et conclusions présentées sont basées sur des données graphiques de CMC Markets et non sur des données relatives aux instruments sous-jacents réels.CMC Markets ne pourra être tenu responsable d’une perte liée directement ou indirectement à une transaction réalisée sur la base des information fournies.Les CFD (contract for difference) sont des produits financiers complexes, à effet de levier, comportant un risque de perte supérieure au capital investi.Les produits binaires (y compris les Countdowns) sont des produits financiers complexes comportant un fort risque de perte en capital, vous pouvez perdre la totalité de votre investissement.