En réalisant une étude graphique des matières premières agricoles sur des échelles de temps longues, j’ai tout de suite été intéressé par deux d’entre elles, le blé et l’avoine, à l’approche de soutiens pluriannuels. N’étant pas spécialiste en la matière justement, j’ai échangé avec des spécialistes dont je partage ici graphiques et arguments afin de défricher la situation. Tout comme en 2006/2007 et 2009/2010, les cours du blé réagissent favorablement depuis deux semaines suite au test positif des 460 USD. D’après les spécialistes de Agritel (@agritelparis) « les cours sur Euronext ont fortement progressé sur le blé dans le sillage de Chicago, conséquence notamment de couverture de positions de la part des fonds qui avaient atteint un niveau record short» D’autre part, « L'effet El Nino revient sur le devant de la scène avec une probabilité forte de développement selon les météorologistes. Cela aurait pour conséquence des pluies supérieures aux moyennes sur l'hémisphère nord pour les prochains mois, et inférieurs aux moyennes sur l'hémisphère sud. Cela correspondrait à un scénario quasi équivalent à l'an passé. Cependant ces révisions sont bien entendu à prendre avec précaution.» commente ces spécialistes. En effet d’après le site Accuweather.com des pluies s’abattent sur les USA ce qui pourrait entraver le rendement des récoltes à venir. Graphiquement, le blé est attractif car une formation en double bottom potentiel est en train de prendre forme ce qui pourrait ouvrir la voie à un retracement haussier de la baisse de 35% ayant eu lieu sur les 12 derniers mois. Maïs et Blé sont les céréales les plus produits au monde et servent de référence. L’avoine ne représente de son côté qu’une production 20 fois inférieure et suit par corrélation ces derniers. Toutefois, il lui arrive de sur ou sousperformer pour des raisons climatiques propres à l’Amérique du Nord et au Canada où près de 20% de la production est réalisée. En étudiant les cours de ces trois céréales sur 2 ans, j’ai effectivement constaté une forte corrélation entre maïs, blé et avoine. Néanmoins, sur les 6 derniers mois, on constate que les performances du blé et du Maïs oscillent entre -5 et +5% alors que l’avoine a subit une chute de 35%. Graphique journalier sur 6 mois Shawn Hackett, president de Hackett Financial Advisors aux USA a eu la gentillesse de partager son expertise sur ce sujet. Il m’a expliqué que le décrochage des cours au mois de novembre était dû à des modifications des règles de transport au Canada permettant d’accélérer et d’augmenter la circulation du fret en général et donc des matières premières agricoles comme l’avoine ce qui a eu un effet baissier sur les cours. Néanmoins, d’après lui, cela a eu également pour effet d’entraîner les cours à proximité d’un support long terme majeur dont voici le graphique : On peut en effet constater que les cours de l’avoine évoluent en tendance haussière de long terme sur 20 ans et que la récente chute de plus de 50% des cours est un phénomène déjà constaté par le passé. En conclusion intermédiaire, nous avons donc des conditions climatiques porteuses, une hausse des principales céréales ces dernières séances et un support de très long terme atteint sur une céréale délaissée ces derniers mois, ce qui justifie que l’on s’y intéresse de plus près. A moyen terme le graphique ci-dessous m’a fait m’intéresser à l’avoine. Contrairement au blé qui était venu tester son support pluriannuel, l’avoine a cassé certains des siens, sousperformait, mais s’inscrivait également dans un biseau descendant, figure chartiste que j’affectionne par sa propreté et sa forte probabilité de sortie haussière. Dans cette périodicité, une sortie haussière impliquerait un rebond vers 280 voire 320 (anciens supports devenus résistances) soit un potentiel de 20 à 35%. J’ai alors zoomé sur la situation de court terme afin de définir les seuils à casser pour que cette correction haussière prenne forme. En données journalières, les prix ont réalisé un point bas potentiel à 225 en cours de clôture pile sur le bas de canal très long terme dont nous avons parlé précédemment. Parallèlement à cela, les indicateurs ont divergé puis se sont retournés plaidant pour un rebond haussier. Un décalage haussier au-dessus de la zone 240/245 serait de bon augure pour la suite. Cela impliquerait la rupture du SAR baissier, de la résistance horizontale en rouge et de l’oblique baissière coiffant les cours depuis deux mois. Si tel devait être le cas, nous aurions alors les prémisses du scénario haussier entrevu. En d’autres termes, météo, évolution du dollar et effet récolte seront à suivre de près. Rien n’est fait pour le moment mais le potentiel de hausse et la zone graphique testée font l’attractivité de ces actifs méconnus et peu tradés du grand public. Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.fr Ce commentaire présente un caractère purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente d’instruments financiers. CMC Markets ne saurait être tenu responsable quant à l'exactitude, la fiabilité, l'exhaustivité ou la pertinence de ces informations ou données.Les observations, analyses et conclusions qui en résultent sont basées sur des données graphiques de CMC Markets et non sur des données relatives aux instruments sous-jacents réels. 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