Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Alors qu’il semble évident pour nombreux analystes et banques que le pétrole ne pourrait que monter, je tenais à faire le point sur sa situation technique et fondamentale. Idée reçue à démentir, les cours du pétrole pourraient décaler à la hausse puisque certains pays ont arrêté de produire à cause des prix bas. Etant donné que les prix ont baissé, le nombre de foreuses en activité aux USA a baissé, certes, mais la production est quant à elle au plus haut historique ! Même phénomène dans les pays du Golfe, ces derniers auraient pu s’entendre sur le fait d’abaisser la production afin de faire remonter les prix mais c’est tout l’inverse qui s’est produit, chacun souhaitant tenter de gagner des parts de marché. Afin de palier à la chute des cours nombreux pays ont augmenté leur production et donc la demande, pesant sur les cours… En images : 1/ Rig count = nombre de foreuses en activité aux USA, en baisse avec les prix 2/ Production pétrolière par pays au maximum les US désormais en tête malgré le fait que de moins en moins de puits soient ouverts. 3/ Le surplus de production est le plus long de l’histoire Comme à mon habitude, j’ai demandé à un spécialiste en la matière de me donner son avis sur les fondamentaux à court terme. Benjamin Louvert, directeur général délégué chez Prim Finance, membre des Econoclastes, a eu la gentillesse de me faire profiter de son expertise : « A court terme, il est probable que le pétrole se retourne à la baisse, pour 3 raisons. D’abord, il y a toujours un écart de 2.5 millions de barils entre la production et la consommation, donc le marché est largement approvisionné. Ensuite, des fonds de private equity se sont montés pour financer les shale oil. La recherche de rendement pousse les acteurs vers des actifs de plus en plus risqués. Les producteurs de shale vont donc à court terme obtenir de nouvelles ressources. Cela va leur permettre de maintenir leur production d’autant que, et c’est le troisième point, le prix de production des shale est moins cher l’été (notamment parceque, pour produire, il faut fracker la roche avec une eau qui doit être portée à 60°, ce qui est plus facile en été qu’en hiver). Enfin, si la Grèce sortait de l’euro, cela aurait probablement des conséquences sur la consommation de pétrole (ce sont les pays du sud de l’Europe qui avaient entraîné la consommation de pétrole à la hausse ces derniers mois). Attention tout de même, la fin du T3 voit la consommation mondiale augmenter sensiblement (1.2-1.4 millions de barils par jour) en raison de l’été au Moyen Orient. Donc probablement une baisse pendant l’été, puis une reprise des cours avec un prix en fin d’année ou début 2016.» Autrement dit, l’avenir de l’or noir n’est pas tout tracé et il faudra s’attendre à des décalages dans les semaines et mois à venir. Etudions les graphiques afin de définir les seuils clés à suivre : Brent vue journalière Le pétrole de la mer du nord est « techniquement » le plus haussier car il s’inscrit dans un canal haussier d’une part mais il a également cassé son oblique baissière de long terme d’autre part. Source: CMC Markets Scénario haussier : un décompte Elliotiste en 5 mouvements permettrait d’anticiper une nouvelle vague haussière en direction des 70 voire 80 USD. Pour se faire il faudra que les cours cassent l’oblique baissière journalière en bleu voire s’extraient du range actuellement en place entre 60.5 et 66.5. Scénario baissier privilégié au vu des fondamentaux : sortie par le bas du range, cassure par le bas du canal et baisse des cours en direction des 52/55 USD. WTI vue hebdomadaire Le pétrole US est également dans un range compris entre 56 et 62. Source: CMC Markets Scénario haussier : cassure par le haut, objectif 68 par effet de balançoire Scénario baissier : échec sous MM100 hebdomadaire couplée à l’oblique baissière de long terme, retour vers 56 USD. En cas de cassure des 56 USD, potentielle baisse vers MM20 hebdo à 53.7 voire les 50 USD, seuil psychologique, par extension. Vous avez maintenant un certain nombre d'éléments de compréhension en main, à vous de vous faire votre propre avis sur les scénarios à privilégier et la façon de les mettre à profit. Suivez moi sur Twitter : @NCheron_CMC Egalement @CMCMarkets_FR Clients et lecteurs, n’hésitez pas à nous faire des retours sur les analyses publiées, directement sur gestionclients@cmcmarkets.fr