Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Le 23 juin prochain se tiendra le referendum anglais sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Selon les estimations la probabilité d’une sortie (« Brexit ») ressortait à 40% selon l’organisme de sondage anglais au 17 mai et 38% selon Bloomberg Composite au 22 mai. Plus récemment, le 31 mai dernier, un sondage ICM réalisé pour le quotidien « The Guardian » donnait les pro-Brexit en tête. Aussi, la livre est ballotée aux fils des sondages et l’indécision prédomine, source d’instabilité et de volatilité sur la monnaie anglaise ainsi que sur son indice, le Footsie. Nous ne réaliserons pas d’étude probabiliste ni ne donnerons un camp favorable en vue du vote du 23 juin. Le but de cette analyse est de montrer à quel point l’inconnu est un facteur de décalage puissant et de mettre en exergue les seuils qui pourraient être testés ou dépassés après le 23 juin. En attendant cette échéance, les traders qui prennent position sur la livre notamment doivent simplement savoir qu’ils s’exposent à de potentiels violents décalages suite à la publication de sondages qui peuvent être réalisés à tout moment. D’un point de vue politique un Brexit serait une source d’incertitude, d’un point de vue macroéconomique il pourrait provoquer une récession comme l’a indiqué David Cameron. Selon Georges Osborne, ce ne serait pas moins de 400 000 emplois dans le secteur des services qui seraient menacés. En d’autres termes, un Brexit pourrait faire chuter la monnaie et l’indice anglais et engendrerait certainement des tensions sur les taux d’intérêt. À contrario, le Bremain ravirait certainement les investisseurs avides de stabilité et permettrait des rebonds des actifs cités. Évolution du cours du CFD sur GBPUSD en données journalières Source : CMC Markets, Plateforme Next Generation. Performances nettes au 02/06/2016. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Graphiquement, la paire GBPUSD évolue au gré des sondages. En début d’année la perspective du referendum anglais a fait chuter la paire sous un support pluriannuel situé à 1,40. Par la suite, le repli du dollar américain en avril/mai et la baisse de la probabilité de Brexit dans les sondages ont permis un rebond notable de cette dernière de 1,40 à 1,47. À plus court terme, suite aux sondages plus mitigés, les vendeurs ont repris la main et un range horizontal semble s’installer entre 1,43, zone horizontale conjuguée avec une oblique de soutien et le bas d’un canal haussier, et 1,47 résistance clairement établie. Après le 23 juin, en cas d’accélération baissière (potentiellement suite au Brexit) sous 1,42/1,425, les cours sortiraient alors de leur tendance haussière (canal bleu) et une chute vers les 1,40 voire les 1,38 (plus bas annuels) serait envisageables. À l’inverse, le Bremain pourrait plaider pour un rebond puissant en direction des 1,47. Et si ce seuil cassait, la voie serait alors ouverte au seuil psychologique des 1,50, travaillés en décembre dernier.