Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets Au début de l’année 2016 bon nombre d’opérateurs n’avaient pas encore constaté que la tendance haussière de long terme du DAX (même constat que le CAC40) n’était plus haussière mais neutre et ces derniers se sont retrouvés surpris par la baisse du 4 janvier au 11 février qui était à première vue la suite logique d’une tendance baissière débutée en avril 2015. En effet, il faut savoir prendre du recul sur des graphiques longs termes pour mieux apprécier les changements de polarité en place et tendances en place, ce que nous allons faire ici. Fondamentalement, rien n’a changé ces derniers mois mais à chaque lot de mauvaises nouvelles, les banques centrales ont redoublé d’efforts et d’une ingénieuse rhétorique pour empêcher les baissiers de prendre la main. Les importations chinoises chutent pour le 21 ème mois consécutif mais le gouvernement reste confiant sur la croissance malgré tout, les banques italiennes sont dans la tourmente mais l’Etat pourrait se porter à leur secours, le Brexit a eu lieu mais la banque centrale anglaise a baissé ses taux et procède à des stimuli, les chiffres américains sont en baisse pour le 7ème trimestre consécutif mais ces derniers sont supérieurs à un consensus relativement faible. Autrement dit, à chaque mauvaise nouvelle sa bouée de sauvetage et il nous faut constater que jusqu’ici tout va bien. Toutefois, nous pensons que les marchés évoluent dans l’œil du cyclone, fondamentalement parlant, et que sans mesures budgétaires, concrètes, de la part des états notamment, les chiffres ne pourraient s’apprécier durablement et ainsi soutenir la hausse en cours depuis le 11 février dernier. Or il se trouve que l’une des options graphiques nous dit exactement la même chose. Évolution du CFD sur DAX – Données hebdomadaires Source : CMC Markets, Plateforme Next Generation au 08/08/2016. Performances nettes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Graphiquement, les cours de l’indice allemand étaient dans une tendance haussière de fin 2011 à fin 2015. En effet, la rupture de l’oblique de tendance en rouge sur ce graphique mit fin à ce mouvement et contraint la dynamique à la neutralité de long terme. Jamais la tendance de long terme n’est passée baissière car il aurait fallu casser le dernier plus bas à 8900 points, datant de fin 2014 pour se faire. C’est cette période de neutralité qu’il est difficile d’apprécier. Sommes-nous dans une reprise haussière qui pourrait relancer une dynamique long terme ou dans un processus de rebond technique avant de chuter, dans le sens de la cassure effectuée en début d’année, telle est la difficulté de la chose. Mais alors que les médias et que de nombreux investisseurs sont ravis de voir les indices européens reprendre de la hauteur après le Brexit nous nous posons en faux. Ne s’agirait-il pas, comme fin 2015, de prendre de la hauteur pour se rendre compte que les risques sont principalement baissiers sous des résistances long terme plutôt que de se concentrer sur un rebond de moyen terme, de quelques semaines, dont nous savons qu’il pourrait être voué à termes à l’échec ? Techniquement parlant, le DAX travaille les 10475 points, plus hauts d’avril et du1 août. Au-dessus de ce seuil, nous pourrions revoir les 10760 points correspondant à un gap annuel baissier voire les 11000 points, en cas d’euphorie. Au-dessus de ce dernier seuil, les acheteurs pourraient avoir repris la main. Tant que les cours évolueront dessous, nous gardons à l’esprit que la hausse débutée le 11 février dernier n’était peut-être qu’un rebond haussier « pullback » avant une éventuelle reprise de la chute, dans le sens de la dynamique en place depuis un an, à la baisse.